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mercredi 27 août 2014

Les Apparences - Gillian Flynn

Quatrième de couverture :
Amy, une jolie jeune femme au foyer, et son mari, Nick, forment en apparence un couple modèle. Victimes de la crise financière, ils ont quitté Manhattan, leur vie aisée, leur travail dans la presse, pour s'installer dans la petite ville du Missouri où Nick a grandi. Le jour de leur cinquième anniversaire de mariage, celui-ci découvre dans leur maison un chaos indescriptible : meubles renversés, cadres aux murs brisés, et aucune trace de sa femme. L'enquête qui s'ensuit prend vite une orientation inattendue : sous les yeux de la police, chaque petit secret entre époux et autres trahisons sans importance de la vie conjugale prennent une importance inimaginable et Nick devient bientôt un suspect idéal. 
Alors qu'il essaie désespérément de son côté de retrouver sa femme, celui-ci découvre qu'elle aussi lui dissimulait beaucoup de choses, certaines sans gravité, d'autres bien plus inquiétantes.
Note :
♣♣♣♣♣
Avis :
Ce roman s'articule en deux parties.
Tout d'abord nous découvrons les personnages. Nick et sa femme Amy. Leurs parents, Go la jumelle de Nick, puis les policiers chargés de l'enquête.
Tous les deux écrivains à leur manière, Amy et Nick ont subit la crise économique de plein fouet et ont perdu leur job et leur maison. Ils s'installent dans le Missouri, dans une petite ville en crise, là où vivent les parents de Nick. Si Nick y voit une occasion de se rapprocher de sa mère mourante, de son salaud de père atteint d’Alzheimer ou encore de sa jumelle pour tenir un bar, Amy y voit elle la fin de sa vie.
Elle, la new-yorkaise choyée, se retrouve au chômage, enfermée à la maison dans une région qu'elle n'apprécie pas à devoir s'adapter à un mode de vie qui n'est pas le sien.
Après cinq ans de mariage, le mariage de deux êtres qui semblaient si parfaits, si bien ensemble, commence à battre de l'aile. Mais le jour dudit anniversaire Amy disparaît et rapidement, les soupçons se tournent vers Nick, le mari.

La première partie, présentation des personnages et de la disparition s'articule autour de deux narrateurs. Nick tout d'abord, ses réactions à vif aux différents événements et rebondissements ; puis Amy, à travers un journal intime.
A cette lecture à deux vitesses, on réalise que ces deux êtres si parfait en apparence n'avaient pas la même vision des choses. Les petits rien du quotidien ne sont pas perçus, vécu, de la même façon. Ils n'ont pas la même façon d’appréhender la vie dans son ensemble.

Puis, petit à petit, le lecteur échafaude des hypothèses. Jusqu'à la vérité, glaçante.
La deuxième partie s'ouvre sur cette vérité et va alors amener une narration toujours à deux voix, mais cette fois ci en temps réel si je puis dire.
On réalise alors tout ce qui a été tramé. La vérité est terrifiante et révèle un esprit si pervers, si tortueux que le lecteur en reste assez ahurit.
On se rend compte que dans cette histoire d'apparences et de perception, rien n'est forcément ce qu'on croit.

La fin particulièrement est choquante. Car malgré toutes les différences et les petites aspérités qui se révèlent au fur et à mesure du récit, Amy et Nick se connaissent si intimement que personne ne peut remplacer l'autre. Ils ne peuvent pas se séparer, ils sont étrangement bien ensemble, même si ce n'est pas forcément pour les bonnes raisons.

Ce roman a pour lui qu'il n'est pas rose bonbon. Il a un côté ultra-réaliste qui ressemble à des faits divers que l'on verrait tout les jours à la TV. L'auteur nous dresse un portrait au vitriol de la vie à deux et du quotidien d'un couple. Sans pour autant dénoncer ou généraliser, l'auteur pousse le lecteur à réfléchir sur ce couple si étrange et leurs réactions.
Je dois avouer que la première partie m'a semblé un peu longue. La mise en place, la présentation, bien qu'indispensable pour la suite, m'a semblé un peu longue.
La deuxième partie en revanche, en dévoilant une partie de la vérité, permet de prendre toute la mesure de ce qui se trame chez chacun. Et là le jeu de l'auteur se révèle.
C'est brillant ! Dérangeant et très perturbant certes, mais brillant.


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nc
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Bande-Annonce de l'adaptation (avec Ben Affleck & Rosamund Pike) : octobre 2014

dimanche 12 mai 2013

Ta mort sera la mienne - Fabrice Colin


Quatrième de Couverture :
Une soixantaine d’étudiants, un motel grand luxe dans les plaines de l’Utah : tout est prêt pour un séminaire littéraire de rêve. Et puis, au soir du premier jour, un homme arrive, coiffé d’un casque de moto, et sort un fusil à pompe de son sac. Le rêve tourne au cauchemar. Terrifiée, rendue à moitié sourde par les détonations, une jeune fille trouve refuge dans une chambre où se terre déjà Karen, sa conseillère d’éducation. À voix basse, les deux femmes engagent la conversation. Karen en est sûre : elle connaît le tueur.
Obèse, mélancolique, Donald traîne son spleen existentiel en attendant la retraite. Il aurait voulu être indien ; il n’est que chef de la police. Ce soir-là, un mail arrive au poste. Prise au coeur d’une fusillade dans un motel de Moab, une employée appelle au secours. Dans le miroir des toilettes, l’homme en larmes, effaré, contemple son reflet. Ce motel-là, songe-t-il. Précisément aujourd’hui. Il s’appelle Troy, mais les noms n’ont plus d’importance. La fin du monde approche. Oh, il ne la craint pas. Le Feu du Ciel, il le sait, l’épargnera. En attendant, Troy s’arrête dans des diners, Troy parle à des gens, Troy baise, médite, et serre les poings. Dans sa tête : la rumeur grandissante d’avant l’apocalypse. Dans son sac de hockey : un fusil à pompe calibre 12. Trois voix, trois personnages, trois destins irrémédiablement liés – sur les terres tragiques du rêve américain et de l’illusion mortelle.
Note :
♣♣♣♣
Avis :
Je préfère la couverture alternative, qui n'a malheureusement pas été retenue : le représentait la tête d'un motard ajustant son casque et était beaucoup plus cohérent avec le roman que ce motard sans casque justement !

On va en effet suivre plusieurs personnages dont un, Troy, qui ne retire jamais son casque. On va suivre Troy, à la fois dans son processus de destruction et dans son histoire, mais également Karen, conseillère à la fac, et Donald, flic obèse et mélancolique. En retraçant leurs existences, l'auteur va nous retracer une histoire où les éléments se mettront lentement en place jusqu'à former une trame complète et cohérente. Avec les passés des personnages le lecteur pourra alors avoir une vue d'ensemble de ce qui a conduit ses trois personnages à ce moment, à cette rencontre sanglante et meurtrière. Point vraiment de jugement de la part de l'auteur, les personnages s'auto-analyse avec leur vision biaisée de la réalité, et c'est au lecteur de démêler les fils afin de comprendre.

Si le début est provocant et offre une plongée immédiate dans l'environnement voulu par l'auteur, dès le moment où la parole sera donnée à Donald pour la première fois j'ai décroché. L'histoire a quitté son aspect thriller pour une plongée assez malsaine dans les dérives d'une secte et dans les traumatismes d'un enfant façonné par la douleur et l'humiliation. Aucun personne n'est réellement attachant, certains sont assez pitoyables mais au final pas un n'est marquant. A part peut-être la petite amie de Troy qui renfermait ce qu'il fallait de décrépitude et de lumière pour en faire un personnage atypique, qu'on oublie pas, mais l'auteur a choisi au contraire de la garder en retrait dans le décor. 

Si le récit des tortures et des humiliations des enfants sert à renforcer la connaissance du personnage de Troy, et peut-être de le comprendre/l'excuser, j'ai néanmoins mal compris cette plongée malsaine qui ne méritait pas autant de détail. Je pense que le but de l'auteur pouvait être également atteint sans les détails. Le personnage de Karen, que l'on ne découvre réellement qu'à la fin même si des doutes naissent vers le milieu du roman, est un personnage complètement creux qui au final apporte une touche de mysticisme assez malvenue (le "dialogue" avec la jeune fille m'a complètement coupé du roman). Quant à Donald, son histoire n'est pas présenté pour en faire un personnage auquel on s'attache, mais plutôt une poupée pitoyable qu'on exhibe comme un outil. Il n'apporte rien et sa vision des choses ne m'a pas aidé à mieux appréhender l'intrigue dans son ensemble. 



En bref je dirai que l'idée de base du scénario n'était pas mauvaise, mais je n'ai apprécié ni son traitement ni les personnages qui ont servis à l'introduire. Dommage, je suis complètement passée à côté du roman.


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mercredi 26 septembre 2012

Avant d'aller dormir - S.J.Watson

Quatrième de Couverture :
À la suite d’un accident survenu une vingtaine d’années plus tôt, Christine est aujourd’hui affectée d’un cas très rare d’amnésie : chaque matin, elle se réveille en croyant être une jeune femme célibataire ayant la vie devant elle, avant de découvrir qu’elle a en fait 47 ans et qu’elle est mariée depuis vingt ans. Son dernier espoir réside dans son nouveau médecin, Ed Nash. Celui-ci lui a conseillé de tenir un journal intime afin qu’elle puisse se souvenir de ce qui lui arrive au quotidien et ainsi reconstituer peu à peu son existence. Quand elle commence à constater de curieuses incohérences entre son journal, ce que lui dit son entourage et ses rares souvenirs, Christine est loin de se douter dans quel engrenage elle va basculer. Très vite elle va devoir remettre en question ses rares certitudes afin de faire la vérité sur son passé… et sur son présent.
Note :
♣♣♣
Avis :
On m'a pas mal vendu ce roman, beaucoup d'avis positif, et Chaton a apprécié également. Il faut savoir que ces derniers temps, je suis frileuse concernant les polars/thriller puisque j'ai eu des déceptions (trop lu de ce genre de romans).
Ce roman est original, l'histoire d'une femme ayant la quarantaine bien sonnée (déjà ça change de d'habitude c'est bien !) qui oublie son passé toutes les nuits ! Voilà qui sonne bien. L'histoire est assez bien partie : on redécouvre la vie de l'héroïne en même temps qu'elle. Là où je suis surprise c'est qu'elle ait eu besoin qu'on lui donne l'idée de tenir un journal. Franchement ? Enfin bref.

La première moitiée du roman c'est la découverte de cet univers et de ses histoires. Pas mal, facile à lire, mais pas transcendant non plus.
La deuxième moitié met en scène un peu plus d'éléments et là le lecteur commence à se poser des questions. Il y a des petits détails, des petites choses qui font tiquer. Mais c'est léger et comme nous suivons l'héroïne on ne s'attarde pas.

La fin est très classique, mais néanmoins efficace et agréable. Je pense tout de même que l'auteur aurait pu étoffer un peu plus, là j'ai un peu eu l'impression que l'auteur voulait terminer rapidement, un peu au détriment de la qualité.

C'est une histoire originale, sympathique. Ce ne sera pas le roman de l'année, mais restera une très bonne lecture.

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