mercredi 8 juin 2011

Le Magicien - Jean-Marc Souvira

Quatrième de Couverture :
Emprisonné depuis onze ans suite à la violente agression d'une vieille dame, Arnaud Lécuyer est un détenu modèle. Personne ne sait qu'il a tué trois de ses codétenus. Personne ne sait qu'il est le Magicien, ce tueur d'enfants qui, des années plus tôt, avait semé la terreur dans Paris en attirant ses proies par des tours de magie. Libéré pour bonne conduite, le petit homme reste discret. Jusqu'à ce que ses démons reviennent lui parler, jusqu'à ce que sa "collection" revienne le hanter. Jusqu'à ce que des enfants croisent sa route... L'agression d'un jeune garçon relance la piste du Magicien. Le commissaire Ludovic Mistral, de retour des États-Unis où il a rencontré des profilers du FBI, est chargé de l'affaire. Avec des techniques psychologiques bien différentes de celles utilisées lors de la première enquête, il n'hésitera pas à s'exposer personnellement pour faire sortir le monstre de sa tanière, sans se douter un seul instant qu'il met en danger ce qu'il a de plus cher... 
Une immersion dans l'univers de la police criminelle en compagnie du meilleur des guides, Jean-Marc Souvira, lui-même commissaire divisionnaire. Avec justesse et authenticité, il nous fait vivre les deux versions de l'histoire - une plongée dans la tête du policier mais aussi dans celle du prédateur. Tout simplement terrifiant. 

Avis :
J'ai lu ce roman un peu par hasard, alors que je lisais autre chose, mais comme on m'en avait dit du bien...je me suis lancée. 
J'ai eu une longue période polar, où j'ai eu l'impression de finir par lire toujours la même chose, donc j'ai limité mes lectures de ce genre, où j'étais devenu trop critique. 
L'auteur ici est commissaire divisionnaire - dans la vraie vie - donc il sait de quoi il parle lorsqu'il va nous décrire l'univers du flic : j'étais donc confiante là-dessus. 
Ensuite un critique littéraire - Journal de la Santé sur France 5 - en avait dit du bien. Voilà par quoi j'ai commencé en prenant le roman. 

Dans le fond : le classique de l'enquête où il y a un meurtrier à capturer, mais peu voir pas d'indice. 
Ce n'est pas un thriller, c'est un polar, donc il y a par définition moins de "sang" et autres scènes un peu dures. 

Ce que j'ai beaucoup apprécié, c'est la façon dont l'auteur a commencé son roman. Plutôt que de nous faire un démarrage lent et/ou progressif, ou encore commencé avec le premier meurtre, l'auteur a choisi de nous relater un fait saisissant, qui vous accroche tant par le fond que par la forme, et qui semble pourtant en périphérie de l'histoire. Et pourtant...

Les qualités de ce roman réside dans le choix de fond de l'auteur et dans sa forme ! En effet on suivra plus prioritairement la psychologie du Magicien (le méchant de l'histoire) que le flic. Cette plongée du côté du mal nous permet de mieux cerner le personnage et ses motivations, tout ce qui en fait un être horrible mais aussi pitoyable. Le flic en lui-même n'est pas transcendant, mais il est vrai que l'accent n'était pas sur l'enquête mais sur toute l'ambiance et les personnages. 
Mais cette plongée dans l'horreur, les explications du pourquoi du comment qui arrivent au compte-goutte, à point nommé pour que le lecteur reste accrocher, mais pas trop souvent pour ne pas le lasser. 
Ce jeu de chat et de la souris, entre piétinement de l'enquête, et traque de la prochaine victime, est justement équilibré. 

Les premiers chapitres nous annonce véritablement quelque chose de différent et de résolument accrocheur. Mais je reprocherai quand même que la personnalité de Mistral ne soit pas plus travaillée. Mais je cherche la petite bête. Parce qu'au final on a un bon polar. L'auteur utilise tout ce qui est mis en place, même les petits détails. Ce n'est pas forcement tout de suite (j'en ai un en tête qui arrive au début de l'histoire, et qui n'est exploité que dans une scène du dernier tiers du livre) mais tout a une raison.

Et à propos de la fin. Souvent elle pêche, comme dans beaucoup de roman, mais surtout dans les polars où les auteurs ne savent plus trop comment clore leur travail. Là il y a eu une sorte de montée en puissance qui amène assez bien le final. Ce final, qui parait un peu banal aux inconditionnels du genre, est pourtant travaillé car il y a des petits indices avant. Dans cette enquête, on traque le moindre faux pas. Et ce faux pas, son influence, est ici bien exploitée.

Voilà, les inconditionnels regretteront que l'enquête ne soit pas plus intense, mais pour ceux qui préfère se pencher sur la psychologie des personnages, c'est une réussite. 
Dans l'ensemble je met un 4/5 à l'auteur et à ce roman, et attends de lire la suite !

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