Affichage des articles dont le libellé est Delphine de Vigan. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Delphine de Vigan. Afficher tous les articles

vendredi 13 janvier 2017

Les Jolis Garçons - Delphine de Vigan



Quatrième de Couverture :
Prenez un homme qui aime les femmes, le corps des femmes surtout. Il a une quarantaine d'années, il est beau mais fatigué. Prenez une femme qui aime les hommes, la peau des hommes mais pas seulement. Elle va avoir trente ans, elle est jolie quand elle y prête attention, parfois on se retourne sur elle, on la dévisage, parfois elle est grise, on ne la voit pas. Trois hommes dans la vie d'Emma. Trois rencontres sur des musiques différentes, basses et douloureuses, rieuses et légères, hantées par un même motif : l'illusion. Combien de fois faut-il rejouer la fable pour être capable de s'en défaire ?
Note :
♣♣♣♣♣
Avis :
J'aime beaucoup cet auteur qui réussit à être un peu touche à tout dans le roman contemporain.
Je ne savais pas à quoi m'attendre en lisant ce livre.

En fait on suit un unique personnage féminin, Emma, à travers trois de ses relations amoureuses. Petit à petit, au travers de ses histoires, nous apprenons à connaître Emma et à nous identifier plutôt facilement à elle. On ne nous parle pas vraiment de sa vie en générale (pas de son boulot ou autre) ce qui rend l'identification plus facile.
Ici, le but est de nous parler de son rapport aux hommes. De la façon qu'elle a de s'y attacher ou de s'en détacher.

La première histoire est la plus étrange et comme c'est la première il y a le risque que l'on décroche. A mon sens c'est la moins intéressante, mais elle offre un clin d’œil intéressant qui sera rappelé par la suite. Elle nous montre comment Emma est capable de tout donner par amour.
La seconde histoire est plus touchante. Échaudée en quelque sorte, Emma commence par résister. C'est un homme qui n'a pas vraiment besoin d'elle mais qui est attiré, surement par son refus initial. Petit à petit ils se prennent tous les deux au jeu.
La dernière histoire est un peu plus rocambolesque. Il y a un "trop", une exagération. Emma est grisée mais en même temps complètement passive dans l'histoire. Elle se laisse faire jusqu'à ce qu'elle décide d'arrêter. Aussi brutalement que cela a pu commencé. La fin, les dernières lignes, sont succulentes d'ailleurs !

La construction n'est pas vraiment imperméable. Les nouvelles s'enchaînent de manière fluide en construisant un unique récit en trois parties et chacune de ses parties trouve un écho dans la ou les précédentes.
Pas de leçon à tirer ici, juste un petit roman sur les histoires que l'on peut vivre. Il n'y a pas forcément besoin de drames pour lire des histoires d'amour.

Infos :
Autres Couvertures :

samedi 10 septembre 2016

Les Heures Souterraines - Delphine de Vigan


Quatrième de Couverture :
Mathilde et Thibault ne se connaissent pas. Au cœur d'une ville sans cesse en mouvement, ils ne sont que deux silhouettes parmi des millions. Deux silhouettes qui pourraient se rencontrer, se percuter, ou seulement se croiser. Un jour de mai. Les Heures souterraines, qui fut finaliste pour le prix Goncourt, est un roman vibrant sur les violences invisibles d'un monde privé de douceur, où l'on risque de se perdre, sans aucun bruit.
Note :
♣♣♣♣♣
Avis :
Ce roman est tout petit, tout fin, mais c'est une claque en un sens.
Ce roman, c'est l'épuisement. L'érodement, l'usure insidieuse qui marque le corps et l'esprit. C'est la fatigue brutale et perverse. C'est la manipulation des gens autour de nous. A ne pas lire si vous n'êtes pas vous même en forme !

Nous suivons deux personnages.
Mathilde d'abord. Une femme mère célibataire, très capable dans son travail, qui s'en sort bien. Jusqu'au jour où...jusqu'au jour où tout bascule. Cela part d'un petit rien et progressivement la machine s'enraille. La dégringolade. Pour un homme, un petit chef, sa vie va devenir un enfer quotidien. Mais Mathilde va s'accrocher. Malgré son mal, sa détresse, son isolement elle va tenir bon. Elle a un côté pitoyable et en même temps une force, un courage qui peut forcer l'admiration. Elle tient bon.
Thibault ensuite. Médecin, dévoué à sa mission, il a choisit l'itinérance à une structure plus figée comme l'hôpital ou le cabinet. Sa vie c'est son métier, sa seule oasis, une femme. Mais une femme qui ne s'implique pas. Qui l'utilise autant qu'il l'utilise. Jusqu'au point de rupture. Jusqu'au moment où il veut plus, où il a besoin de plus. Il erre dans la ville au gré de ses missions, usés par la fatigue, physique ou morale, par la détresse, la misère et la cruauté de la vie et de la ville.

Ces deux personnages ne sont, contrairement à ce que je croyais, pas voués à se rencontrer. Je pensais que l'auteur allait provoquer une rencontre, infléchir son récit l'un vers l'autre. Mais non. Ils évoluent chacun de leur côté jusqu'à la fin du roman.
Fin qui, du coup, me laisse un goût d'inachevé. Un peu comme la vie. L'autrice nous a offert un extrait de la vie de ces deux personnages, mais la vie continue, et l'autrice ne les a pas suivi. Du coup, je me sens un peu frustrée. J'ai envie de crier "tout ça pour ça ??".
Certes, de cette manière on évite les poncifs, ou les fin un peu trop commode. Les gentils contes de fées ou la cruauté gratuite. Le roman reste totalement ouvert, sans apporter de réponse à l'un ou à l'autre.
C'est au lecteur de se construire sa fin. De tirer des leçons, d'adapter ce roman à son monde, sa vision ou sa vie.

Un roman frustrant et difficile en ce sens. Pourtant, pourtant, si on réussit à s'en dégager, on peut en tirer une réflexion profonde et troublante sur son rapport à la ville, au monde, au travail.
Ne pas se laisser phagocyter, exister en dehors de ce qui nous arrive. Il faut avancer, il faut tenir, trouver la force de voir le soleil derrière les nuages. 

Infos :
Autres Livres de l'auteur sur le site :
Autres Couvertures :

dimanche 27 décembre 2015

D'après une histoire vraie - Delphine de Vigan


Quatrième de Couverture :
« Ce livre est le récit de ma rencontre avec L.
L. est le cauchemar de tout écrivain. Ou plutôt le genre de personne qu’un écrivain ne devrait jamais croiser. »

Dans ce roman aux allures de thriller psychologique, Delphine de Vigan s’aventure en équilibriste sur la ligne de crête qui sépare le réel de la fiction. Ce livre est aussi une plongée au cœur d’une époque fascinée par le Vrai.
Note :
♣♣♣♣♣
Avis :
Ce roman est présenté comme en quelque sorte la "suite" de Rien ne s'oppose à la nuit. L'auteur se sent un peu dans un autre monde après la publication - et le succès - de son dernier roman. Un succès qu'elle ne voyait pas arriver et auquel elle semble ne pas pouvoir faire face.
Comme vidée de substance, sans but avoué, l'auteur erre dans sa propre vie. Jusqu'à l'arrivée de L. L. une figure qui restera toujours un mystère pour le lecteur malgré les informations qui nous sont fournies. Nous savons simplement que cette histoire ne peut et ne va pas bien se terminer. Plutôt succinct !

Nous voyons comment l'auteur tombe peu à peu sous la coupe de celle qui aura peut-être tout simplement "été là". Un caractère affirmé, une présence inoubliable pour certains, une volonté cachée et voilà que L. devient une incontournable de la vie de l'auteur. L'aidant, la conseillant, la brusquant ou la cajolant, il y a une personnalité un peu perverse derrière toute ses actions, mais une fois de plus : il est plus facile de le voir à la fin, de l'extérieur.

De l'ouverture à l'isolement, l'auteur nous explique les différentes étapes par lesquelles elle sera passé jusqu'à un dénouement que l'on devine, mais seulement aux derniers instants. Quant aux raisons, le flou restera.

Comme je le pensais, un roman qui ne m'aura pas autant captivée et "volée" que le précédent ou "Jours sans faim".
Mais j'y ai lu un récit troublant où au delà de la question du "vrai" et du "réel" se mêle la dépression, la peur, le mensonge, la trahison et la duperie, l'emprise et la manipulation.
J'en ressors avec plusieurs interrogations, une envie de me renseigner sur la manipulation et une question, à laquelle je ne veux pas de réponse, "qu'est ce qui est vrai là dedans, quelle est la part de fiction ?"

Bien sur, comme le précédent, au-delà des questionnements sur le vrai et le faux du roman, on ne peut que remarquer que l'auteur nous invite dans son intimité. Elle nous parle d'elle, de sa vie, de sa famille et de ses pensée (quand bien même le ferait-elle par le truchement de ses personnages). Certains en sont exaspérés, je ne l'ai pas ressenti comme cela. Certes il y a un certain voyeurisme, un peu malsain et qui m'a mis mal à l'aise, mais en jouant sur le vrai/faux, l'auteur évite l'écueil de l'égocentrisme extrême (à mon sens).
Néanmoins je comprends les réactions négatives. On retombe de toute façon dans le débat "la fiction est-elle de la vraie littérature ?" et ça ne m'intéresse pas.
J'apprécie cette auteur et même si ce n'est pas mon livre préféré, j'ai apprécié ce texte.


Infos :
Autres Tomes :
Autres Avis :

Autres Couvertures : 

Challenge(s) :

jeudi 13 octobre 2011

Jours sans Faim - Delphine de Vigan

Quatrième de Couverture : 
Laure a 19 ans, elle est anorexique. Hospitalisée au dernier stade de la maladie, elle comprend peu à peu pourquoi elle en est arrivée là. 'Jours sans faim' raconte trois mois d'hôpital, trois mois pour rendre à la vie ce corps vidé, trois mois pour capituler, pour guérir. La guérison de Laure, c'est aussi l'histoire de sa rencontre avec le médecin qui la prend en charge, peut-être le seul qui soit capable d'entendre sa souffrance, cette part d'enfance à laquelle elle n'arrive pas à renoncer.
Note : 
♣♣♣♣
Avis : 
Je suis de plus en plus sous le charme de cette auteur. C'est le troisième roman d'elle que je lis (après No et moi et Rien ne s'oppose à la Nuit) et je suis conquise.
Dans ce court roman (122 pages) c'est l'histoire de Laure, anorexique qui va doucement faire l'apprentissage de là où elle en est et de ce qu'il va falloir faire pour guérir. 

C'est dit avec pudeur, sans leçon de moral. C'est tout, tout doux, sur un ton qui ne veut pas brusquer, mais ne veut rien cacher. Laure relate les faits, les sentiments et les sensations, sans interprétations parasites. On choisit de comprendre comme on veut ce que cherche à nous dire l'auteur. Elle ne nous prend pas la main et ne nous force pas. Les faits sont là, sans fard. Sans honte non plus. 

C'est un roman assez fort car il ne sombre pas dans le pathos et relate quelque chose de si fort, de si réaliste qu'on ne peut qu'être touché. 

Une belle surprise pour tout ceux qui veulent en savoir plus sur cette maladie, ce que l'on ressent et autre. 

Bref je le recommande, c'est très beau.




samedi 20 août 2011

Rien ne s'oppose à la nuit - Delphine de Vigan

Quatrième de Couverture :

« La douleur de Lucile, ma mère, a fait partie de notre enfance et plus tard de notre vie d’adulte, la douleur de Lucile sans doute nous constitue, ma sœur et moi, mais toute tentative d’explication est vouée à l’échec. L’écriture n’y peut rien, tout au plus me permet-elle de poser les questions et d’interroger la mémoire.
La famille de Lucile, la nôtre par conséquent, a suscité tout au long de son histoire de nombreux hypothèses et commentaires. Les gens que j’ai croisés au cours de mes recherches parlent de fascination ; je l’ai souvent entendu dire dans mon enfance. Ma famille incarne ce que la joie a de plus bruyant, de plus spectaculaire, l’écho inlassable des morts, et le retentissement du désastre. Aujourd’hui je sais aussi qu’elle illustre, comme tant d’autres familles, le pouvoir de destruction du Verbe, et celui du silence.
Le livre, peut-être, ne serait rien d’autre que ça, le récit de cette quête, contiendrait en lui-même sa propre genèse, ses errances narratives, ses tentatives inachevées. Mais il serait cet élan, de moi vers elle, hésitant et inabouti. »

Dans cette enquête éblouissante au cœur de la mémoire familiale, où les souvenirs les plus lumineux côtoient les secrets les plus enfouis, ce sont toutes nos vies, nos failles et nos propres blessures que Delphine de Vigan déroule avec force.


Note : 
♣♣♣♣♣

Chronique :

Tout d'abord je tiens à remercier les éditions JC Lattès pour m'avoir permis de lire ce livre.
Delphine de Vigan est une auteur française dont le nom a émergé récemment auprès du public avec l'adaptation au cinéma de son roman No et Moi, roman émouvant et bouleversant.
Et bien ce roman ci m'a également profondément touchée. Il m'a émue au larmes, touchée, fait sourire, révoltée...Une palette de sentiments avec lesquels on n'est pas forcément à l'aise. Mais qu'importe. Cette lecture fut admirable, et je ne la regrette pas une seconde ! Merci pour cette histoire !
Pleine de pudeur, de craintes, de drames, de silence et de cris, de violence et de tendresse, ce roman qui tend à donner une dimension auto-biographique ne peut laisser indifférent. On aime ou on déteste ce genre.
L'auteur raconte sa mère. Sa mère telle qu'elle l’appréhende au travers des témoignages, oraux ou non, de ceux qui l'ont connu. Tout commence par son enfance, sa fratrie et ses parents, l'époque, puis sa vie d'adulte, ses déchéances et ses désespoirs.
C'est un témoignage bouleversant sur une femme qui a souffert de troubles psychiatriques qui l'ont éloignés des siens. Un témoignage d'une enfant qui a trop vite été confronté à la vie dans ce qu'elle a de plus dure : la perte - à tous les niveaux.
Ce livre provoque un sentiment de voyeurisme chez le lecteur - on veut en savoir plus - sentiment qui se mâtine d'un peu de honte dans mon cas "comment autant se plongée dans la vie de cette femme ?".
Mais les personnages sont changeants, et le récit, mouvant, nous révèle différentes facettes de l'époque, de la famille, des gens. Notre opinion évolue au fil du livre, au fur et à mesure des souvenirs et des révélations.
On a pas le même regard sur Liane et George au début et à la fin, comme si nous aussi nous grandissions, comme Lucile. Comme Delphine.
L'auteur a su illustrer dans ce roman le "classique" d'une famille, nombreuse ou pas. Les non-dits, les silences, les moments de joies, les souvenirs et les traditions, mais aussi les pertes et les haines, les chagrins et les blessures. Les rancunes et les incompréhensions.
Ce roman est magnifique, triste et pourtant porteur d'une certaine joie. La vie continue.

Rien ne s'oppose à la nuit
Delphine de Vigan
JC Lattès
400 pages
19 €

En français :
Amazon.fr | Antre-Monde

En Anglais :
Bookdepository