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mercredi 11 juin 2025

[Suivi des Lectures] #2

 


Chroniques d'un carnet de lecture



Complètement par hasard, je suis tombée sur un nouveau carnet de lecture (la joie des véhicule électrique, je me promène pendant les pauses de recharges). 
Chez Larousse, on le doit à une certaine Julia Myotte, 23 ans, qui se dit passionnée de lecture et partageant sa passion sur les réseaux. Il est à noté, qu'il n'y a pas de partage de son pseudo ou d'un quelconque lien pour retrouver ses comptes. Si cela coupe la tendance à surfer sur la popularité de certains, je trouve dommage que cette jeune femme n'en tire pas plus de visibilité...même de manière discrète.


vendredi 25 avril 2025

[Suivi des Lectures] #1


Chroniques d'un carnet de lecture

J'ai toujours lu pas mal, et vers l'âge de 10 ans j'avais une consommation de livres assez impressionnante. A tel point que, comme je ne pouvais pas me rendre à la bibliothèque, ma famille s'y déplaçait pour m'emprunter une dizaine de livres chaque semaine. 
A partir de là s'est posé l'inévitable problème : "est-ce qu'elle l'a déjà lu ?"
Bah oui, forcément. A force de lire ce qui me tombe sous la main, on ne sait plus trop ce qui a été pris, surtout quand la personne n'est pas là.

On a donc commencé à me dire de noter sur des bristols, mes impressions sur mes lectures - dans l'espoir vain de suivre mes lectures.
Bon, soyons francs, je n'ai pas réussi à m'y tenir. 
J'avais d'autres choses en tête, et aucune envie de m'astreindre à quelque chose dont je ne voyais pas la finalité (aujourd'hui je regrette un peu, mais bon).

Par la suite, j'ai tenté le suivi sur internet ! Je possédais moins que je n'empruntais et j'arrivais facilement à dire si j'avais déjà pris un roman ou pas. Le côté liste m'ennuyait. J'ai alors suivi la mode Skyblog (chut, je suis experiencée pas vielle). Mais je pensais à d'autres choses, et j'étais plus à écrire pour moi que mes lectures. 
Puis les études ont fait que j'ai ralentis un peu le rythme. 
Lorsque je suis entrée à la fac j'ai eu une année "light" et j'ai commencé à reprendre l'idée de partager mes avis sur mes lectures. On devait être en 2008 à l'époque. Puis en 2011 j'ai migré sur cette plateforme et je n'en ai pas bougé (flemme ? surement !). Et si je suis moins active entre la vie de famille et le boulot, je lis toujours et je prends parfois le temps de partager un avis.



Mais depuis quelques temps j'aime aussi l'idée d'avoir de jolis carnets pour garder des traces.
Uniquement attirée par l'aspect esthétique, oubliant son absence totale de talent de ce côté là, elle - je - achète des carnets de ce type depuis 6 ans...

J'ai découvert le site de Little Inklings et je suis devenue fan de ce qu'elle proposait. Et depuis, je commande un nouveau carnet chaque année. 
Il y a plusieurs versions, daté ou non, compagnon ou agenda, carnet, book club...









Celui que j'achète contient plein de choses !
 Des pages pour noter les citations, pour noter les livres de sa P.A.L. des pages de suivi, des pages de Challenge, des pages d'inspiration libre, des pages de reviews...
Force m'est de reconnaître que j'utilise de moins en moins la partie Agenda et que donc, je pourrai plutôt opter pour la version "Novel Companion". A voir pour la prochaine fois !

Et vous, qu'utilisez vous pour vos suivi de lecture ?
ça vous intéresse ce type d'article ? Aimeriez vous que je continue cette série ? Dites moi tout !

mercredi 19 mai 2021

[Autour d'un Café] - Les lecteurs et les liseuses part.1

 

Ce questionnaire est loin de réunir les conditions nécessaires pour permettre de faire une projection des résultats à l’ensemble des utilisateurs (ou non) de liseuses.

Toutefois, je vais admettre ce point et employé des formulations plus « générales » afin de simplifier ma rédaction.

 

La première chose qui m’a marqué c’est que le public ayant répondu est très majoritairement féminin ! Plus de 90% tout de même. Je pense que l’explication tiens dans le fait que les lecteurs présents sur les réseaux sont majoritairement des femmes (d’après mes observations sur Twitter, FB ou encore Instagram) mais aussi que dans la répartition hommes/femmes les hommes semblent être globalement moins lecteurs.


Parmi les réponses non féminines nous avons un public plutôt dans les 40/60 ans, qui aiment énormément les livres et qui sont attachés au papier ou qui sont adeptes de la technologie. C’est intéressant à noter !

La majorité des réponses proviennent de personnes se considérant comme vivant dans un milieu citadin même si nous sommes dans un ratio 2 :1. Ce qui ouvre à nouveau nombre de questions : les « ruraux » sont-ils moins adeptes de lecture ? de réseaux sociaux ? autre raison ??

Cette répartition est d’ailleurs restée très stable au fur et à mesure que le nombre de réponses augmentait.

Edit : j’ai pu remarquer qu’un il y avait eu une modification notable, le ratio étant à présent 60/40, mais qu’une fois ce pallier atteint, nous avons à nouveau été en situation d’équilibre. Malgré une petite centaine de réponses supplémentaires, je trouve cette répartition toujours très…ordonnée.

Là où j’ai été la plus surprise, c’est pour la répartition des classes d’âge. C’est peut-être que je refuse de voir mon âge (je me sens jeune dans ma tête XD) mais je ne m’attendais pas à ce que la répartition fasse ressortir que le plus grand pourcentage de réponses soit dédié aux 31-40 ans. Je pensais vraiment qu’on serait sur un public plus jeune et possiblement plus attiré par ce côté « gadget » de la liseuse.

Toutefois, je ferais mieux de me rappeler que j’ai moi aussi passé le cap des 30 ans et que par conséquent toute ma « génération » est dans la classe d’âge des plus de trente ans.

Ceci mis à part, la répartition me semble relativement homogène. Il y a une part non négligeable de « jeunes » et de plus « vieux ». Que voulez-vous, l’amour des livres transcende l’âge !

Je vous partage le graphique correspondant :

lundi 22 août 2016

[Livre vs Film] - Percy Jackson


Vous le savez certainement, je suis assez fan de la série Percy Jackson. Je l'ai découverte sur le tard (je n'ai lu les livres qu'à la sortie du second film je l'avoue), mais je l'ai dévoré deux fois depuis. Une fois que je met le nez dedans, j'enchaîne tous les bouquins sans pouvoir m'arrêter !

J'ai relu les cinq livres récemment et je me suis dit que je pourrai faire un petit article pour parler de leur adaptation cinéma. 
En effet, j'ai adoré l'adaptation des bouquins - contrairement à beaucoup d'amateurs des livres. 


Beaucoup reproche au film des coupes dans le scénario, des adaptations et de ne pas restituer la richesse du livre. C'est vrai, je ne peux pas le nier, pourtant c'est le cas de TOUTES les adaptations. Harry Potter en tête ! (suivi par Le Seigneur des Anneaux ou encore Le Hobbit) ce qui n'empêche pas ces franchises d'attirer des millions de fans - avec une majorité de lecteurs parmi eux. 

Rendre l'univers n'est jamais évident à l'écran, pourtant je trouve que les réalisateurs de Percy Jackson s'en sortent vraiment bien. Que ce soit le côté "magique" ou les créatures mythologiques, j'ai été assez impressionnée par le travail rendu. C'est très bien intégré à mon avis. De plus, la mythologie s'approfondie au fil des tomes, en particulier à partir du tome 3, du coup il est sûr que les tomes 1 et 2 ne présentent pas tout. Mais ce qui est fait rend bien. 

De plus, un détail peut être trop souvent oublié, Percy Jackson est une série écrite pour les enfants ! Au moins les premiers tomes. Percy a 12 ans dans le premier livre, c'est vraiment jeune et si on peut convaincre les lecteurs, au cinéma c'est une tout autre paire de manche. Décaler l'âge du héros à 16 ans ne me choque pas du tout, d'autant plus que le rendu est plutôt convainquant. 
Percy s'est toujours vu comme un raté, un asocial, et donc un garçon pas forcément très mature au contaire d'Annabeth et dans le film on retrouve cet aspect. 
C'est Grover le principal changement. Il change totalement de personnalité, en bien pour moi. Dans le livre, il sert de faire-valoir, permettant ainsi à un garçon de 12 ans d'être un héros. Dans le livre, il a plus le rôle d'acolyte. Il n'est peut-être pas le plus courageux des trois, mais il n'est pas aussi trouillard que dans le livre, pas pleurnichard. 
Non vraiment, côté personnages rien à redire. 

Dans le premier film, on fait l'impasse sur Clarisse et M. D pour ne les voir que dans le second opus. Le premier n'étant pas sûr de faire appel à une suite, cela ne me choque pas qu'on ne voit pas ces personnages qui auraient surchargés un film d'introduction. 

Mon seul regret c'est qu'on n'ai jamais la suite. Cette série avait le potentiel pour égaler Harry Potter et j'aurai vraiment aimé voir tous les livres adaptés sur grand écran. Tant pis, je ne me lasse pas (heureusement) de lire et regardé tout ce que j'ai sous la main :)

jeudi 18 février 2016

[Autour d'un café] - Auteur, blogueur, éditeur part.2

Ok je vous fais un aveu...pour cet article j'étais au thé vanille et pas au café...pardon ^^

Pour cette seconde partie de ma "grande enquête", je vais me pencher sur le point de vue des auteurs et des éditeurs vis à vis des SP et des avis en général. L'opinion des blogueurs viendra plus tard.

J'ai mis du temps avant d'écrire cet article, mais il a été pas mal remanié, tant dans le fond que dans la forme (je ne compte plus les déplacements de paragraphes et les phrases rajoutées au dernier moment).

Finalement, vous allez peut-être trouver que cet article est creux et inutile, vous le saviez déjà même ! Et pourtant, il est important parfois de rappeler les bases, même si on pense les connaître. Et de réaliser que les professionnels ne sont pas forcément si exigeants...et sont même très compréhensifs et sympathiques (la preuve, ils ont répondu !).

Si jamais des acronymes m'échappent, un mini-lexique : 
  • ME = Maison d'Edition
  • SP = Service de Presse = livre papier ou numérique envoyé gracieusement à un lecteur non professionnel en échange d'un avis
  • drama = quand soudainement tout le monde s'offusque d'un comportement, à tort ou à raison, et que tout le monde s'en mêle 
  • office = pour moi, l'équivalent d'un SP mais à un professionnel :)

Les thèmes ayant conduits à cet article :
- les SPs
- les rapports auteur/lecteurs
- lecteurs partageant leurs avis VS les autres


     Même si ça peut nous sembler évident, un auteur et une Maison d'Edition n'ont pas entièrement les mêmes attentes vis-à-vis d'un SP. Néanmoins ces attentes sont compréhensibles et le lecteur doit les garder à l'esprit lorsqu'il demande un titre ou lorsqu'il écrit son avis. 

     Une maison d'édition veut avant tout augmenter ses ventes, qui amènent plus de bénéfice. Même si les éditeurs - et tout leur personnel - ont la passion des livres et sont parfois de grands fans de certains titres qu'ils publient, il n'en reste pas moins qu'ils travaillent pour une entreprise. Leur but est de faire de l'argent (n'oubliez pas que ces bénéfices peuvent permettre de publier de nouveaux auteurs, ou tout simplement la suite d'une saga...et oui ! Pas de vente des premiers tomes, pas de fin de saga traduite). Il paraît donc logique qu'une maison d'édition, au travers des SP, cherche des avis positifs. Honnêtes bien sûr, mais malgré tout susceptibles d'encourager d'autres ventes. Un avis mitigé et négatif offre certes un petit éclairage sur la blogosphère pour ce titre, mais n'aura clairement pas le même impact qu'un avis très enthousiaste, soyons réalistes !
Certains éditeurs aimeraient que les avis (en retour des services de presse) soient complètement objectifs. Que le goût personnel du lecteur n'entre quasiment pas en ligne de compte. Il est vrai que cela permet de faire un compte-rendu qui ne serait pas parasité par des a priori. D'un autre côté, c'est notre expérience qui nous définit - et on sait qu'on ne peut pas plaire à tout de monde. Tous les acteurs de ce "jeu" savent bien que c'est difficile, voir impossible (surtout quand on s'adresse à des non-professionnels) et la plupart des blogueurs qui reçoivent des SPs tentent d'être le plus honnêtes possible lorsqu'ils n'apprécient pas un livre.
     Un auteur qui envoie en "indépendant", même s'il n'est évidemment pas contre une augmentation de ses ventes, est bien plus tourné vers les avis en eux-même.
Après tout, ce texte c'est leur bébé, cela touche à l'intime. Un retour peut couronner un "aboutissement" ou au contraire aider à améliorer un texte en pointant des éléments que l'auteur peut modifier (s'il le souhaite).

     Un auteur cherchera un blog qui correspond au thème de son livre (pour les SPs sauvages, voir la fin de l'article) et attendra un retour constructif. Bien sûr, s'il est positif c'est mieux, mais cela restera secondaire. Les auteurs ont tous répondu qu'ils préféraient un retour plus mitigé et détaillé que "flatteur et succinct". Si cet avis est élogieux, c'est le "jackpot" mais si au contraire, l'avis est plus négatif, l'auteur en retirera quelque chose de plus personnel (il est évident qu'on exclut tous ici les avis purement critiques qui attaquent l'auteur ou un texte sans donner l'impression d'avoir lu le livre...on parle des avis honnêtes de gens qui n'ont certes pas aimé un livre mais ne s'en prennent pas pour autant à l'auteur).
     Mais l'auteur qui envoie son texte en "indépendant" se place tout de même sur le même mode de fonctionnement que l'entreprise qu'est la ME :
  • s'adresser de préférence à des amateurs du genre
  • instaurer une relation de confiance
Cependant, l'auteur doit être plus prudent qu'un chargé de relation presse d'une maison d'édition. Il doit éviter au maximum de mêler privé et public en gardant une certaine réserve (ce fameux "comportement professionnel" ?). Ceci est d'autant plus important lorsqu'un "drama" éclate. Il faut éviter au maximum de s'en mêler (un état que l'on pourrait généraliser aux blogueurs je pense...)
"Un mot peut ternir une image" (valable sur FB, les forums, les commentaires...)
Ces échanges autour d'un SP peuvent être courts et distants, ou au contraire plus cordiaux, mais doivent rester "professionnels" même si les blogueurs sont privilégiés par rapport à un lecteur lambda.
Le blogueur ne doit jamais oublier le "privilège" qu'il possède. Il peut recevoir gratuitement (même en ayant une contrepartie, l'avis) un texte et parfois même avant sa sortie officielle. Bien sûr, la maison d'édition et l'auteur en retire une certaine visibilité mais il ne faut pas oublier que les blogueurs, aussi importants soient-ils, ne sont qu'un des maillons qui permettent le succès - ou non - du livre.
De plus, un SP n'est ni un droit ni un devoir : il doit toujours être pris par envie - même si, exceptionnellement, il s'écarte de la ligne classique des lectures du site. Un avis de complaisance agacera les auteurs qui préfèrent un avis honnête et argumenté, même s'il est mitigé.  
En contrepartie, bien sûr, la maison d'édition et l'auteur ne doivent pas "prendre de haut" le lecteur, ni attendre un avis faussé pour être à 100% positif. C'est un jeu d'honnêteté  où chacun accepte les règles. Parfois un "drama" éclate et porte préjudice à tout le monde, mais souvent il est dû à une incompréhension ou une maladresse...
Même s'il est agréable pour un lecteur d'établir une relation privilégiée avec l'auteur, il est vraiment important de faire la part des choses : d'un côté l'ami(e) qu'on veut soutenir, qu'on apprécie et avec qui on a peut-être des points communs, et de l'auteur le "lecteur" qui peut avoir un avis plus mitigé et mettre en avant des "faiblesses".
Une situation délicate des deux côtés car si l'auteur ne doit pas se sentir visé ou trahi, le lecteur se doit de rester honnête et objectif (ici ces deux qualificatifs sont un peu redondants car ils englobent la même idée : ne pas encenser un livre qu'on n'aura pas sincèrement apprécié).

     Dans cette chaîne de promotion du livre, il ne faut pas oublier non plus le libraire. Il est l'acteur le plus important - qu'il soit une personne physique ou même dématérialisée via les plateformes d'achat en ligne. Comme le bibliothécaire, c'est un professionnel qui peut conseiller des titres à ses clients et augmenter la portée du bouche-à-oreille. Ces professionnels provoqueront toujours - sauf rares cas - plus de ventes que les blogueurs.
     Malgré tout, il sera toujours intéressant de garder les blogueurs. Il apportent une touche de créativité, de passion et d'initiative que les professionnels ne peuvent pas toujours cultiver au vu de la quantité d'offices qu'ils reçoivent - et ne portant pas toujours sur des titres qu'ils auraient choisi d'eux-mêmes (tout le monde se souviendra des "offices sauvages" pour les livres de Valérie Trierweiler, Nicolas Sarkozy ou même pour Grey).
A nous d'être sérieux, honnêtes et de soutenir notre passion et nos auteurs avec enthousiasme mais sans aveuglement. 
Ah et en limitant le subjectif...mais bon, ça c'est difficile : nous sommes des passionnés, non des professionnels, donc on parle avec le cœur.

     Au-delà des lecteurs qui postent sur un site, qu'ils demandent des SPs ou non, il y a d'autres lecteurs : les silencieux et ceux qui postent des avis sur les sites de ventes en ligne (parfois ils achètent, parfois ils empruntent, là n'est pas la question). Le fait de publier sur un blog ou sur un site (communautaire ou non) n'implique pas automatiquement un rapport privilégié avec les auteurs. Bien sûr, ceux qui ne partagent pas ainsi sont "distants" voir "inexistants" pour les professionnels. Ils ne comptent que comme une unité au milieu de la masse.
     Mais ils ont un impact sur les ventes par leur nombre. On se doute bien qu'entre un titre qui possède un maximum d'avis compris entre 4/5 et 5/5 et un titre possédant peu ou pas d'avis (ou en majorité négatifs ou mitigés), un client choisira "au hasard" (sans l'influence du nom de l'auteur ou de la ME) le premier. C'est une "puissance" qui est non négligeable. C'est "critiques" anonymes peuvent - grossièrement - se découper en deux parties.
     D'une part la "fanbase". Un jeune auteur, sous contrat ou non avec une grande maison d'édition, se retrouve avec son bébé à disposition du public. Il est possible que la ME lui fasse de la publicité (on voir de plus en plus d'affiches de publicité pour des romans - une chose que j'adore !) mais rien n'est garanti. Il est plutôt de notoriété publique qu'un auteur vit difficilement de sa plume et on ne compte plus les articles déclarant que même des "grands noms" ne vendent "que" quelques milliers d'ouvrages (beaucoup de guillemets ici, mais je pense qu'ils ont bien leur importance !).
Mais avec une fanbase, un auteur dispose d'une groupe de personnes qui vont lui faire gratuitement de la pub. Certes pas en posant des affiches dans la rue (quoi que je me rappelle de mecs distribuant des exemplaires d'un livre à la sortie de la fac il y a quelques années...) mais en faisant jouer le bouche à oreille. Et avec internet, le bouche à oreille gagne une portée non négligeable.
Ces fans vont poster jusqu'à plusieurs dizaines de commentaires élogieux - pour ne pas dire dithyrambiques - sur des sites comme Amazon ou la Fnac et ainsi mettre le titre en avant. Une mise en avant périodique (comme les livres de politiciens) mais surtout une note globale haute (et parfois on se dit que cette note n'est pas méritée, mais c'est un autre point). Ces auteurs sont conscients - j'espère - de leur chance. Même s'il ne deviennent pas mondialement connus, ils ont néanmoins des soutiens actifs.
     D'auteur part, il y a les critiques "innocents". Je sous entends par là, ceux qui ne sont pas "affiliés" à un auteur, un éditeur ou un genre en particulier. Ce sont juste des lecteurs désireux de partager leur expérience sans en faire un mode de vie (oui je l'avoue, tenir un blog je considère que c'est un mode de vie car ça prend un temps certain - même si on peut vivre normalement à côté). Et leurs avis, peut être moins nombreux (encore que...) ou moins spécialistes, n'en reste pas moins importants. Ils augmentent la portée du bouche à oreille par le nombre et moins par la note. Je vous avoue qu'entre un livre possédant cinq avis à 5/5 et un livre ayant trente avis et une moyenne de 3.4/5 je choisirai le deuxième. Car même s'il est potentiellement moins bon sur la valeur numérique, la diversité des avis me permettra de mieux me rendre compte si je vais le prendre (et en général j'écarte d'office l'autre livre).
[...] son propre avis sera une réponse aux autres, soit en les confirmant, soit en prenant leur contrepied (qui peut alors prendre une forme très virulente du client qui s'est senti floué).
Juliette Di Cen
    Ce qu'il faut retenir ? Blogueurs, professionnels du livre, anonymes "fan" ou non, nous avons tous notre place dans la chaîne de promotion d'un livre. Nous avons des rôles un peu différents c'est vrai, pas la même manière de procéder, mais pour autant, je pense qu'il ne faut en écarter personne et cultiver cette diversité.

       En revanche, ces différents "acteurs" comme je les appelle sont très inégaux dans leur rapports avec les auteurs - et très honnêtement ce ne sont pas mes critiques innocents qui sont les plus susceptibles d'être "lésés" !
     De manière générale, les auteurs préfèrent respecter la règle "zéro interférence". Ils ne s'impliquent pas vis-à-vis de l'avis publié, même s'ils peuvent parfois le re-partager sur leur page FB ou sur leur site. Ainsi, il n'y a pas de "bride" et l'avis est plus spontané et authentique (et pas remanié par son auteur...). C'est alors au lecteur de prendre l'initiative du contact.
Ce contact ne se fera qu'avec des lecteurs ayant apprécié le ou les romans et les échanges seront plus agréables pour les deux parties (même si il n'y a pas de réponses de l'auteur ou si ça ne va pas plus loin).
     En effet, les auteurs sont souvent contraints de prendre plus de précautions en virtuel qu'en réel et - avouons le - il est dommage de brider la parole de personnes qu'on apprécie pour leur prose et leur imagination !

Une anecdote pour la route ? Les auteurs avouent majoritairement que ce sont les avis spontanés (hors critique même) qui sont les plus marquants. Alors, lancez-vous !
Je vous avoue que mes quelques minutes de discussion avec Angélique Barbérat (l'auteur de L'instant précis où les destins s'entremêlent) dans un Grand Cercle un peu vide étaient passionnantes - même si j'étais intimidée. De même j'ai passé de meilleurs moments à discuter avec Laëtitia Constant et Stéphane Soutoul dans un petit salon gratuit, qu'au Salon du Livre de Paris qui est moins "pratique" pour la discussion. Donc pas de panique si vous ne pouvez pas monter à Paris ;)


PS : à propos du SP "sauvage"
Même si on est compréhensif vis à vis des petites maisons d'édition ou des petits auteurs, ces "demandes" doivent être traitées avec la plus grande précaution. Le résultat sera rarement positif (soyons honnête, sur des dizaines de mails envoyés, combien ont débouché sur un avis ?) et tendra souvent à agacer les blogueurs.
Amis auteurs, faites bien attention lorsque vous envoyez ces "pubs".
  • Ciblez des sites qui chroniquent le genre de romans que vous écrivez (ça vous semble évident ? Et bien pas pour tout le monde)
  • Commencez par discuter avec ces blogueurs. Ne cachez pas que vous êtes auteurs (l'honnêteté) mais soyez ouverts aux dialogues
  • et SURTOUT, attention à la formulation ! Bonjour/merci/au revoir sont indispensables, sous peine d'être épinglé sur la blogosphère qui peut être sans pitié. Trop souvent, les blogueurs rapportent des messages manquant de la politesse élémentaire :)
Maintenant, il est vrai que ce phénomène ne concerne pas que des "petits" auteurs ou de "petites" maison. De grandes maisons d'édition peuvent parfois avoir tendance à envoyer des titres non demandés aux blogueurs. Alors il peut y avoir des erreurs (dans certaines grandes entreprises, surtout lorsque l'on délègue à une autre boîte l'envoie de service de presse, il est possible qu'il y ait des problèmes de communication) mais parfois, le blogueur se demande "si on ne le prend pas pour un jambon". Si cela arrive, il est assez rare que le livre soit lu rapidement. Il ne sera même peut-être jamais lu (pas le moment, pas un sujet qui attire, etc.).


Merci à Laetitia Constant et à Julie Nicey pour leur aide (relecture, avis, discussions).
Merci également à EvenusiaDana B. ChalysLes Lectures de MylèneMelisandeStephane Soutoul et Juliette Di Cen pour leur aide inestimable :)
Sans vous, rien n'aurait été possible ;)

jeudi 1 octobre 2015

[Autour d'un café ...] - Auteur, blogueur, éditeur, part.1


L'idée a mijoté quelques temps sous mon crâne avant que je ne me décide à écrire. J'ai d'abord réfléchis dans mon coin avant d'avoir l'envie de vous partager mes réflexions pour également connaître vos opinions. Même si vous êtes en total désaccord avec moi, je trouve que ça pourrait être une discussion très intéressante.



J’ai demandé à des blogueurs et des auteurs de me donner leur opinion sur un certain nombre de points qui m’intriguaient. Autant pour satisfaire ma curiosité que la vôtre et même la leur ! En effet, ce sont rarement des sujets dont on parle librement (on n’y pense peu également) et du coup il y a des inconnus des deux côtés. 
Si jamais d’autres questions, d’autres sujets vous intéressent de la même manière, je serai ravie de renouveler l’expérience. Pas tout de suite (cela prend un peu de temps ^^) mais je le referai.

D’abord je me suis intéressée aux avis en général. Comment se positionne-t-on face aux avis publiés sur internet lorsque l’on est auteur, éditeur ou blogueur ; qu’ils soient positifs ou négatifs, quels sont nos motivations, nos buts, nos ressentis ? Comment servent-ils ?
Petite précision, je ne parle pas ici des SPs, je reviendrai sur ce point un peu plus tard. 

J’ai trouvé intéressant de constater qu’au premier abord un auteur et un chroniqueur ne se positionnaient pas du tout de la même manière face aux avis internet (quels qu’ils soient). En effet, ce qui ressort en premier de vos retours c’est que vous chroniquez avant tout pour vous, pour garder une trace de vos lectures et de vos ressentis, puis pour les autres – partager ses impressions pour aider d’autres personnes à trouver des romans à lire. Jamais n’est évoquée l’envie de promouvoir un roman. Je ne doute pas que cela arrive parfois – face à un roman qui a peu de visibilité et que l’on a tout particulièrement apprécié, au-delà des volontés exprimées précédemment, on partage son avis également dans l’espoir d’augmenter la visibilité de ce titre (de cet auteur, de cette maison d’édition, de cette série, etc.). Mais quand vous réfléchissez à ce qui vous pousse à partager vos avis sur la toile, cela ne vous vient pas à l’esprit, alors qu’un auteur prend les avis comme un retour sur son travail (ce qui est normal me direz-vous !).

Globalement, les blogueurs partagent leur avis pour garder un souvenir de leur lecture (savoir où on en est dans une série ou garder une trace de notre ressenti) avec un goût prononcé pour la littérature en général : on parle de plusieurs livres et non plus d’un livre en particulier. Même les sites et forums qui avaient émergés en se spécialisant sur une série (ou un auteur) ont fini par se développer et à parler de bien d’autres livres – dans un genre similaire ou non. Le goût de l’échange – même avec des personnes d’avis contraires - prédomine largement sur l’envie de faire découvrir. Les blogueurs semblent vraiment être dans une mouvance de partage, de passion, plus que de publicité.
Les avis (et c’est vrai pour des avis « amateurs » comme professionnels) permettent de savoir à quoi s’en tenir par rapport aux romans. Tant pour leur contenu que pour leur forme, on va consulter les avis de gens ayant lu le livre afin de savoir si ce dernier a des chances de nous satisfaire. Ils sont par nature subjectif, par conséquent, un blogueur ne s’imagine pas détenir la « vérité absolue ». On ne prétend pas connaître les intentions de l’auteur, mais on émet des hypothèses, des opinions. Cela n’engage que nous et on en est parfaitement conscient (je pense n’avoir jamais constaté qu’un blogueur, quel que soit sa renommée, se positionnait comme ayant le seul avis valable).
D’une personne à l’autre, les visions et les attentes diffèrent. Par conséquent, les avis sur un titre seront différents, ainsi que les impressions et les réactions face aux avis des autres. Si on sait que l’on est proche d’un blogueur, par les goûts ou les attentes, on se fiera peut-être uniquement à son avis, mais rien n’est moins sûr. Il est déjà délicat de fixer de manière précise quels sont nos propres goûts et nos propres attentes, par conséquent il est encore plus délicat de trouver une personne avec les mêmes que nous. Néanmoins, ce « jeu des affinités » permet de faire déjà un premier affinage littéraire. On partage ainsi nos avis afin, entre autre, d’aider d’autre personnes à sélectionner des lectures.

Par la suite, on se fiera à cet unique avis, ou, plus vraisemblablement, on en consultera plusieurs afin de se faire une meilleure idée du livre. En effet, de par la diversité des goûts et des opinions, l’image que l’on se fera de la lecture sera plus précise. Que ces avis soient négatifs ou positifs, on sait alors à quoi s’attendre, de quel autre roman on pourra rapprocher cette (peut-être) future lecture. 
En contrepartie de la lecture de ces avis, on perd grandement la découverte, ce « saut dans l’inconnu » qui est toujours (pour moi) une part importante du bonheur de la lecture. On l’échange contre une certaine sécurité qui, en nous permettant de plus sélectionner nos prochains livres, augmente nos chances de faire une « bonne » lecture. 

Si on se penche sur les avis négatifs exclusivement, on remarque une certaine uniformité des réponses. Plusieurs raisons sont à l’origine de tels avis : on n’apprécie pas le livre en lui-même, on tente un genre qu’on n’aime pas ou peu, on n’adhère pas au message transmis, malgré une histoire ou des personnages attrayants, ou encore le livre est lu à une mauvaise période (cela m’arrive parfois, et ce n’est jamais facile à identifier ou à faire passer). Majoritairement, on reste dans notre cercle habituel dans le but d’éviter les avis négatifs (et de ne pas être déçu). Pas par peur des réactions (quoi que dans certaines périodes on puisse s’interroger sur ce point) mais parce qu’il n’est jamais facile ou plaisant de dire que l’on n’a pas aimé un livre. 

Outre le fait qu’il faut (parfois) ménager les susceptibilités, il faut identifier ce qui n’a pas fonctionné dans la lecture afin de conseiller au mieux en partageant son avis. N’oublions pas que, plus d’une fois, j’ai pu lire « tu n’as pas aimé, mais ton avis m’intrigue alors je vais essayer ce livre ». Du point de vue du blogueur, un avis négatif n’empêche pas (et ne doit pas empêcher) d’autres personnes de lire le livre. Personnellement, même s’il m’arrive d’écrire que je ne vous « recommande pas un titre », cela reste une opinion personnelle. Je ne vous force à rien, et libre à vous d’essayer et de ne pas être d’accord avec mon impression finale. Au contraire, j’aime parler avec vous de pourquoi nos opinions divergent.

Néanmoins, un point intéressant est qu’un avis négatif est parfois plus intéressant qu’un avis positif. Il peut même être un élément déterminant pour l’achat car il va mettre en avant des arguments et des attentes qui nous correspondent même si ce n’était pas le cas pour la personne qui fait la chronique. Alors qu’un avis positif sera plus vague, plus généraliste, un avis négatif rentrera plus facilement dans le détail et sera donc ainsi plus précieux pour le lecteur. L’important est de bien expliquer en quoi le livre n’a pas convaincu (dans la construction ou le ressenti) même si c’est parfois un exercice difficile. Il faut en effet essayer d’être le plus impartial et objectif possible, choses que l’on n’exige pas d’un avis positif ! Ne pas se laisser influencer par d’autres opinions ou a priori et garder l’esprit ouvert lorsqu’on s’aventure dans un genre nouveau/différent sont des difficultés supplémentaires pour le blogueurs. Il est évident que « je n’aime pas » est un bien mauvais point de départ pour une lecture, quelle qu’elle soit ! Bien sûr cela n’empêche pas quelques bonnes surprises, mais elles seront bien plus rares avec un tel état d’esprit.


Du côté des auteurs, évidemment, les choses sont un peu différentes. Là où nous lirons l’avis afin d’échanger et d’éventuellement déterminer si nous lirons ou pas le titre, l’auteur et l’éditeur vont eux avoir un retour sur ce qu’ils ont produits. 
La première chose qui est ressortie est qu’un avis, positif ou négatif, est toujours utile. Ils sont devenus incontournables sur internet, et prennent autant de « place » qu’un avis de la presse traditionnelle. Avec l’état actuel de la technologie, le partage se fait à une échelle toujours plus importante ce qui devient une vraie opportunité pour les auteurs et les éditeurs (ce qu’on appelle avec une certaine mauvaise foi de la « publicité gratuite ») : parler d’une œuvre lui apporte de la visibilité, même si la parole est « négative ». Comme dirait Jack Sparrow « au moins on vous a parlé de moi ».
En plus d’être une aide pour les lecteurs, les avis que l’on trouve sur la toile permettent aux auteurs de s’écarter des retours « officiels » de la famille et des amis. Il est normal d’avoir des retours de tous types et tous sont intéressants à leur manière : un avis positif soulignera ce qui fonctionne dans le texte là où un avis plus mitigé pourra ouvrir une piste de réflexion sur un élément qui sera (peut-être) à revoir.


Intéressons-nous plus particulièrement à ces avis mitigé, un peu (voire beaucoup pour certains) négatifs. Ces avis se déclinent sous plusieurs formes, et l’une de ces catégories en particulier doit être tout de suite mise de côté. 

Certains sont, purement et simplement, ignorés par les auteurs même s’ils sont blessants et atteignent durement les artistes et parfois leurs éditeurs. Un avis négatif « pour le plaisir » (de blesser), manquant d’arguments (ou avec des arguments ridicules) va bien plus desservir son auteur que le livre. Le lecteur ne s’y trompera pas. Ce genre d’avis se trouve sur la toile (même s’ils ont peu de visibilité) et font du mal plus au moral qu’à la réputation du livre. Il est donc normal, à mon sens, que les acteurs du livre les ignorent. 

Mais au-delà de ces avis volontairement blessants, il y a d’autres chroniques qui peuvent parfois atteindre durement l’auteur sans que ce ne soit une volonté du blogueur. Certains auteurs, surtout lorsqu’ils débutent dans la diffusion de leurs œuvres pensent que ces avis sont une mauvaise chose, qu’ils discréditent le roman auprès de potentiels lecteurs. Avec le recul, eux aussi reconnaissent que c’est une réaction un peu naïve, normale mais naïve : on ne peut pas plaire à tout le monde ! S’il y a des personnes qui n’apprécient pas un livre, il y en a toujours pour aimer. Et d’expérience, il y a toujours plus d’avis positifs que d’avis négatifs.
De plus, les avis négatifs peuvent ouvrir des pistes de réflexions pour l’auteur. 

Il faut savoir prendre du recul par rapport aux avis internet et ne pas les « mettre sous le tapis ». Ces chroniques peuvent apporter plus pour les futurs travaux de l’auteur qu’un avis positif, même si tous les auteurs sont d’accord pour dire que les avis positifs boostent un maximum. Ce sont ces avis qui ouvrent une période de remise en question : faut-il continuer dans la même voie ou au contraire changer de direction ?
Car s’il y a une chose que l’on peut rapidement perdre de vue lorsque l’on chronique un livre, c’est que derrière le texte, il y a un auteur, un être humain. Il y a plusieurs heures de travail, parfois même des mois de recherches et de réflexions, sans compter les relectures et les corrections. Les auteurs qui m’ont répondus m’ont confié qu’ils s’interrogeaient beaucoup tant sur le fond que la forme de leur texte (par exemple : est-ce que le vocabulaire choisi permet de bien rendre l’ambiance voulue ?). Leur œuvre est intime, c’est un mélange de leurs envies, de leur vécu, parfois même de leur croyance et de leurs peurs. Par conséquent, à chaque fois que l’on chronique un texte, on critique aussi cette partie de l’auteur qu’il a versé dans le livre. C’est un point que l’on oublie peut-être un peu trop facilement lorsque l’on n’apprécie pas un livre. Quoi qu’il en soit, un blogueur ne pourra – au travers de sa chronique – que suggérer une piste de réflexion. En effet, c’est toujours à l’auteur d’avoir le dernier mot (et c’est bien normal !) mais surtout il n’a pas à justifier un choix scénaristique ou de personnage. Il a fait ce choix après réflexions en estimant que cela servait ce qu’il voulait faire ressortir dans son texte. Ce n’est donc pas au lecteur à remettre cette décision en question, mais il peut en revanche pointer du doigt une maladresse dans la forme – ou du moins suggérer que pour lui cela ne fonctionne pas.

On n’est parfois déçu lorsque l’on s’aventure à lire un genre que l’on n’apprécie pas (ou peu), mais les auteurs aussi s’essaient à ce genre de choses, ce qui rend leurs questionnements plus longs et difficiles ; je peux alors comprendre qu’ils se braquent face à un avis négatif.


Je souhaiterais évoquer une dernière chose : les débats (parfois très virulents) qui peuvent fleurir sur la toile après un avis négatif. Si un auteur n’a pas à justifier ses choix (même s’il peut en discuter avec ses fans s’il le souhaite) il devrait rester en retrait de ces discussions, oublier son « droit de réponse ». C’est difficile, mais intervenir peut faire beaucoup de tort à un auteur à qui l’on reprochera rapidement un manque de recul et d’humilité. C’est d’autant plus injuste que n’importe qui peut écrire n’importe quoi à propos d’un livre et être déplacé (ou méprisant/bas/blessant/inutile rayez la mention inutile).

Je pense – et cela n’engage que moi – qu’il est déjà délicat pour un blogueur d’intervenir dans un débat de ce type. Quand bien même on ne parle « qu’entre amis », internet est un lieu public où tout le monde peut intervenir, même des inconnus. Rapidement, une discussion peut « gagner » une aura plus large que prévue et donc dériver. On peut se retrouver avec des gens qui avancent des arguments non valables ou qui sont juste insultants. Dans ce cas-là, je crois qu’il faut tout simplement couper court à la discussion. Cela ne peut que s’aggraver et donc la discussion ne pourra plus évoluer. 
Ainsi, si je pousse mon raisonnement, s’il est déjà délicat pour un lecteur lambda de participer à ces débat, autant éviter à l’auteur de s’y embourber. Lui, et éventuellement son cercle proche, devraient alors prendre du recul et regarder ça de loin. Ce ne sont que des discussions qui finiront de toute façon par être oubliées, qui n’ont vocation qu’à brasser du vent, alors autant ne pas attiser les choses, non ?





Merci à Laetitia Constant et à Julie Nicey pour leur aide (relecture, avis, discussions).
Merci également à Evenusia, Dana B. Chalys, Les Lectures de Mylène, Melisande, Stephane Soutoul et Juliette Di Cen pour leur aide inestimable :)
Sans vous, rien n'aurait été possible ;)
(et je pourrai ajouter merci à Chaton pour les critiques, Pierre pour m'avoir laissé le temps d'écrire et Deezer pour l'environnement ^^)

mercredi 16 septembre 2015

[Autour d'un café ...] - Chroniques littéraires négatives


L'idée a mijoté quelques temps sous mon crâne avant que je ne me décide à écrire. J'ai d'abord réfléchis dans mon coin avant d'avoir l'envie de vous partager mes réflexions pour également connaître vos opinions. Même si vous êtes en total désaccord avec moi, je trouve que ça pourrait être une discussion très intéressante.


J'ai vu des voix s'insurger contre certains avis, certaines "pratiques". Du coup j'ai remis en perspective ma façon de faire des chroniques, mais également pourquoi je les fais. 

Ces personnes s'interrogeaient sur les chroniques négatives (en général) et plus particulièrement sur les avis négatifs de livres qui n'étaient pas les genres de prédilection du lecteur (avec une petite digression sur les notes).
Je dois avouer que je me suis particulièrement penchée sur ce dernier point. 

En effet, globalement je sais ce que j'aime, ce que je n'aime pas, et plus généralement ce que je cherche dans un roman.
Mais j'ai des tics, entre autre je n'aime pas laisser quelque chose en suspens : livre ou série en cours. Par conséquent, même si je n'ai pas aimé le début d'une histoire, ou un tome d'une série, je vais fort probablement continuer à lire. Par curiosité (beaucoup), en raison de ce tic (beaucoup) mais également parce que j'ai toujours l'espoir d'être surprise (en bien).
C'est pourquoi je peux lire des romances, alors que je ne suis pas particulièrement friande du genre. C'est également valable pour l'érotisme, la littérature dite "blanche" ou "généraliste", les "classiques" ou autre.
Il m'est arrivé d'être très agréablement surprise par un livre dans l'un de ces genres, ce qui me pousse à continuer à les tenter de temps à autre. 

Mais alors, lorsque je suis déçue, pourquoi est-ce que je donne quand même mon avis ?

En effet, ce que reproche ces personnes, c'est que le fait de ne pas être amatrice du genre teinte ma lecture, du coup mon avis négatif n'est pas objectif.
Déjà, je répondrai qu'un avis n'est pas objectif, c'est presque impossible à mon sens. On est influencé par nos goûts, nos expériences, nos opinions etc. Un avis, quel qu'il soit, n'a pas vocation à être objectif.
Personnellement, je donne mon ressenti à l'aulne de mes goûts, les miens ! et pas ceux d'une quelconque masse anonyme. Évidemment que cela dépend de mon expérience entre autres, mais c'est le jeu. Pour autant, mes avis valent-ils moins que d'autres ? Je ne vois pas en quoi.
Ensuite, quand mon avis est négatif (sur un point particulier ou sur l'ensemble de ma lecture) j'essaye de justifier pourquoi : "ce n'est pas ce que je cherche" ou "on retombe dans ce que je n'apprécie pas dans ce genre".
J'estime que le fait même de dire que je n'ai pas aimé mais que "je n'aime pas le genre" justifie en partie un avis potentiellement négatif mais que cela n’ôte pas de légitimité à ce que j'écris. 


Inversement, lorsque je tombe sur un livre qui réussit à me convaincre dans un genre que je n'apprécie pas, je ne devrais pas écrire d'avis parce que je ne suis pas bien placée pour en parler ? De mon point de vue, au contraire, cela montre déjà que je ne suis pas fermée dans mes lectures, mais aussi que ce genre peut me surprendre (j'ai bien adoré des romans étiquetés érotiques de chez Harlequin...).


Je souhaiterais revenir rapidement sur deux autres points (mais parlons-en ensemble !! Ouvrons le débat ^^)

Tout d'abord ces "notes". Pour moi cela permet au lecteur d'avoir un avis général en un clin d’œil sans forcément lire le texte. On peut, pour une raison X ou Y, ne pas souhaiter lire un avis dans son ensemble mais avoir un résumé rapide. C'est le rôle que je donne à ces notes. Qu'on voie tout de suite si c'est un livre que je recommande, que je déconseille, ou plutôt dans ma moyenne.
Je note plus mon ressenti et non la qualité du livre (qui dépend une fois de plus, de l'histoire personnelle du lecteur).

Et enfin, les avis négatifs en général. Lorsque je donne un avis négatif ce n'est pas pour "descendre" un livre (pas plus qu'un auteur ou un éditeur). Cela n'aurait pas de sens.
Je ne me contente pas d'un "pas aimé" (ou autre variante) car en tant que lectrice j'aime davantage lire des avis négatifs que des positifs. Pourquoi on n'apprécie pas tel ou tel texte. Cela est aussi intéressant à mon goût que pourquoi on l'aurait apprécié.
Je trouve également plus honnête de parler de ce qu'on a pas aimé plutôt que de filtrer les avis. On peut avoir de la mesure dans ses écrits et du coup parler de tout sans être insultant. 

Bien sur, je peux comprendre que pour un auteur cela soit difficile de lire un avis négatif. Mais ce n'est pas en se mettant la tête dans le sable et en ignorant les avis parfois négatifs, que les choses vont être différentes. Voilà, on ne peut pas plaire à tout le monde. Les auteurs le savent très bien et les lecteurs aussi. Sans aller jusqu'à dire que cela peut les "éclairer" sur leur art (je ne suis pas non plus arrogante à ce point), est-ce mal d'être honnête et de dire ce que l'on n'aime pas ???
Alors oui régulièrement la blogosphère relaie des "dramas", ces moments où les auteurs se vexent d'un avis négatif et réagissent de manière parfois...déplacée (violente, insultante, etc.). Mais pour combien d'auteurs qui acceptent la critique ? Qui savent que non, on ne plait pas à tout le monde ? Qu'un autre de ses textes pourrait être adulé par ce même lecteur ?
Je rajouterai que cette honnêteté doit fonctionner dans les deux sens. Un auteur doit certes pouvoir accepter la critique, un avis négatif, mais le lecteur de son côté ne doit pas oublier d'être courtois. Derrière un texte, aussi mauvais puisse-t-il sembler, il y a un être humain qui s'est donné. On ne doit PAS insulter l'auteur. Je reviendrai sur ce point dans un second article =)

En bref, je ne changerai pas mes pratiques, mais je me suis quand même penchée sur ma façon de faire (ce qui est toujours bon). J'aimerais beaucoup connaître votre avis sur la question :)
Bien sur, cet article n'a pas vocation à faire scandale ou autre. Je me suis sincèrement interrogée et remise en question. Je ne souhaite pas en "vouloir" aux personnes ayant ces opinions, je souhaite juste partager la mienne.


Je suis maintenant très curieuse d'avoir vos opinions ! Parlons-en !


Merci à Laetitia Constant (auteur de Litha à paraître chez J'ai Lu) et à Julie Nicey pour leur aide (relecture, avis, discussions).


L'avis de Chani (De Livres et d'Epice) sur ce thème (ou très proche) : http://chani-delivresetdepice.blogspot.fr/2015/02/ne-faire-que-des-chroniques-positives.html