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mercredi 31 mai 2017

Le Paris des Merveilles T.1 : Les Enchantements d'Ambremer - Pierre Pevel



Quatrième de Couverture :
À première vue, on se croirait dans le Paris de la Belle Époque. En y regardant de plus près, la tour Eiffel est en bois blanc, les sirènes ont investi la Seine, les farfadets, le bois de Vincennes, et une ligne de métro rejoint le pays des fées... Dans ce Paris des merveilles, Louis Denizart Hippolyte Griffont, mage du Cercle Cyan, est chargé d'enquêter sur un trafic d'objets enchantés, lorsqu'il se retrouve impliqué dans une série de meurtres. Il lui faudra alors s'associer à Isabel de Saint-Gil, une fée renégate que le mage ne connaît que trop bien... 
Note :
♣♣♣♣
Avis :
Voilà bien longtemps que je ne m'étais pas autant amusé lors d'une lecture. Un petit côté feuilleton, un ton décalé mais une vraie histoire. Des personnages hauts en couleurs et un monde fascinant.

Difficile de parler de cette histoire sans la dévoiler. Car la découverte - du monde, des personnages, de l'intrigue - font parti du charme de ce roman.
Je connaissais l'auteur pour ces autres travaux - principalement sa revisite des Trois Mousquetaires (comparaison personnelle), et je suis ravie de le découvrir dans un genre un peu différent ici. Car même si c'est différent, c'est d'une grande qualité !

On se laisse happé par ce monde magique et intriguant, par ces personnages très variés et attachants.
Alors c'est vrai, au début on a un peu de mal à comprendre l'intrigue principale. Car l'histoire est constituée d'une myriade de fils qui vont finir par tisser un motif mais plus tard dans le récit. De même, il y a au début beaucoup de personnages. Mais on ne s'y perd pas ! L'auteur réussit à faire en sorte que l'on ne soit pas submerger d'informations tout en suivant le récit et sans le simplifier.

J'ai eu un petit faible pour les chats ailés et leur pouvoir amusant. Je dois dire que l'auteur s'en sert comme deus ex machina puisqu'il ne semble pas avoir tellement d'autre utilité pour le moment mais qu'importe ! D'ailleurs par moment on a un peu l'impression que l'auteur se sort de situation difficile d'un coup de baguette, mais cela ne choque pas. On passe un bon moment et même ces petits moments ne nous dérangent pas. On prend un tel plaisir à la lecture !

Une histoire captivante, originale, avec plein de petites répliques joliment tournées.
J'ai vraiment eu beaucoup de plaisir à découvrir cette histoire et il me tarde de lire la suite ! 

Infos :
Autres Tomes :
  1. Les Enchantements d'Ambremer
  2. L’Élixir d'Oubli
  3. Le Royaume Immobile
Autres Couvertures :
Challenge(s) :

mardi 2 mai 2017

La Voie des Oracles T.2 : Enoch - Estelle Faye



Quatrième de Couverture :
Plus que jamais, Thya, accompagnée d’Enoch et d’Aylus, doit fuir les tueurs lancés à ses trousses par son frère Aedon. Heureusement, ses visions, l’expérience de son oncle et les nouveaux pouvoirs d’Enoch lui permettent de leur échapper. Mais ce dernier a de plus en plus de difficulté à faire naître la brume ; quant à ses visions, Thya doit désormais les payer au prix fort. Se pourrait-il que des forces maléfiques se liguent contre elle et ses amis? Le combat est-il perdu d’avance? Sans doute la solution se trouve-t-elle en Orient, aux confins de l'Asie, là où l’Empire chrétien n’a pas pris
Note :
♣♣♣♣♣
Avis :
Second tome de l'épopée de Thya, j'ai plus apprécié que le premier.
Le monde, les personnages et les enjeux ont été posés, à présent nous suivons avec plaisir la voie tracée par l'auteur.

Tandis que le frère de Thya, aidé par une mystérieuse puissance, se fait sa place à Rome, la jeune prophète continue à suivre ses visions. Mais ces dernières lui coûtent de plus en plus et la jeune femme ne sait plus à qui se fier. Autour d'elle les morts s'accumulent, les pertes, et le lecteur prend encore plus conscience d'à quel point la jeune femme n'est qu'un pion que les divinités manipulent à leur guise.
Ses visions, enjeu au départ, ne deviennent que des éléments accessoires. La quête, la personnalité, de la jeune femme sont à présent sa plus grande arme. Ce qui l'a fait avancer plus que ce qui la guide.

Enoch, qui donne son nom au roman, grandit et mûrit. Le jeune homme devient plus sage, plus responsable, mais malheureusement, sa relation avec Thya n'évolue pas vraiment. Résultat des courses, il va disparaître du récit et devenir un pion à son tour. Je suis un peu déçue de ce qu'il devient et j'espère que l'on reverra ce jeune homme dans le tome 3 où il pourra se révéler dans toute sa grandeur. Avec Minuscule, bien sûr.

Le voyage de ces personnages se poursuit vers l'Est et les mythologies se mélangent au fur et à mesure de l'avancée du petit groupe.
Le style a évolué également et j'ai réussit à m'immerger plus facilement, dès les premières pages du récit.

On a ici une intrigue originale, au final surprenant et qui donne envie de continuer. Des personnages pour qui j'ai, certes, peu d'empathie, mais qui mène l'intrigue de manière efficace. Trahison, douleur et amitié se mêlent au fil des pages de manière harmonieuse.
J'ai vraiment hâte de découvrir comment l'auteur va clôturer tout ça.


Infos :
Autres Tomes :
  1. Thya
  2. Enoch
  3. Aylus
Autres Couvertures :

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mercredi 5 avril 2017

La Voie des Oracles T.1 : Thya - Estelle Faye


Quatrième de Couverture :
Thya est la fille de Gnaeus Sertor, général romain et héros de l’Empire. Mais Thya est aussi une Oracle, peut-être la dernière élue capable de démêler les fils de l’avenir. Elle est donc contrainte de se cacher en Gaule, au fin fond de la forêt d’Aquitania car, à Rome, comme partout ailleurs dans l’Empire, les chrétiens règnent en maîtres et font impitoyablement la chasse aux adorateurs des dieux anciens. Mais lorsque son père est laissé pour mort par des Pictes, Thya n’a plus d’autre solution que de fuir vers le nord pour suivre une étrange vision dans laquelle son père est toujours en vie.
Note :
♣♣♣
Avis :
Voici un livre que j'avais vu passé et qui avait attiré mon attention en raison d'une magnifique couverture. Je profite de la réédition poche pour me lancer dans cette trilogie.
On change un peu des romans de ce type en se situant à l'époque romaine - une époque alternative certes, mais vous m'avez compris.
Thya est une fille de général romain, mais c'est aussi une Oracle. Elle a le pouvoir de démêler les brumes de l'avenir. L'inconvénient c'est que cela lui vaudrait une sentence de mort si cela se savait. Par exemple si son frère, ambitieux et cruel, l'apprenait. Ce dernier a d'ailleurs commencé son plan pour gagner de l'influence à Rome en commanditant l'assassinat de son père.

Thya fuit alors la villa familiale, l'avenir lui indiquant de se rendre dans une forteresse, siège d'une ancienne victoire de son père. En chemin elle croisera la route de personnages qui gagneront en importance. Comme Enoch, un jeune homme aussi séduisant qu'insaisissable.

J'ai aimé l'univers et l'ambiance en générale, les personnages complexes qui se révèlent au fur et à mesure. Je l'admets, ils sont plutôt tête à claque et on a du mal à vraiment les aimer, pourtant ils sont plus que ce qu'ils affichent et le lecteur les découvre au fur et à mesure. Certains se découvrent eux-même, au fur et à mesure.

Malgré tout j'ai eu un peu de mal à rentrer totalement dans l'histoire. Le début, un peu lent, y est pour quelque chose, mais c'est surtout le style qui a été un peu compliqué à appréhender. Certaines tournures de phrases étaient vraiment particulières, ou du moins m'ont fait tiquer. Par moment j'avais vraiment très envie de reformuler. Je n'ai pas noté - parce que je n'aime pas interrompre ma lecture - mais si cela se reproduit dans le tome 2 je le ferai.

Au final, j'ai tout de même bien aimé ce premier tome et je suis vraiment très curieuse de découvrir la suite !


Infos :
Autres Tomes :
  1. Thya
  2. Enoch
  3. Aylus
Autres Couvertures :
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lundi 28 novembre 2016

Le Cycle des Princes d'Ambre T.1 : Les neuf princes d'Ambre - Roger Zelany


Quatrième de Couverture :
Un amnésique s'échappe d'un hôpital psychiatrique après avoir découvert le nom de la personne qui l'a fait interner : Flora, sa propre sœur. Celle-ci lui révèle qu'il se nomme Corwin, et qu'il est l'un des neuf frères qui se disputent le pouvoir au royaume d'Ambre, le seul monde réel dont tous les autres sont des reflets, des ombres ; que les princes d'Ambre ont la faculté de parcourir ces univers parallèles par la puissance de leur seule volonté.
Recouvrant peu à peu la mémoire, Corwin entame un périlleux voyage en direction d'Ambre, glissant d'ombre en ombre dans le but de disputer au prestigieux Éric, le plus brillant des princes, le trône du royaume. 
Note :
♣♣♣♣
Avis :
C'est poussée par les copines que j'ai entamé cette lecture : et j'ai bien fait !
J'ai découvert un univers original et plaisant, des personnages variés, plutôt hauts en couleurs.

Le début est un peu déroutant, Corwin se réveille amnésique, donc le lecteur est aussi perdu que lui. Pourtant, il va finir par retrouver ses souvenirs (au moins en partie). Alors que nous sommes toujours aussi étranger aux mondes évoqués. On comprend à demi-mots, mais la magie et les règles qui sous-tendent l'univers d'Ambre nous restent encore obscurs.

J'ai trouvé que le roman souffrait d'un petit problème de rythme, pourtant cela ne m'a pas empêché d'apprécier pleinement ma lecture. C'était "simplement" déstabilisant.
J'aurai aimé en savoir plus. Sur Ambre mais aussi sur les personnages ! Corwyn est un personnage intriguant et plutôt passionnant à suivre, mais je ne doute pas que le reste de sa famille l'est tout autant !

J'espère que je trouverai des réponses dans les tomes à venir ! Pourtant je n'ai pas encore débuté ma lecture. J'ai aimé suivre Corwyn donc je me demande s'il va rester narrateur. Et si ce n'est pas le cas, aimerai-je le prochain ?

En tout cas, si ce n'est pas un coup de coeur, c'était une lecture vraiment plaisir que j'ai aimé découvrir ! Merci les filles :)

PS : il existe une multitude d'édition et de format pour cette série ! N'hésitez pas fouiller tant les sites éditeurs que les sites d'occasion.

Infos :
  • Les neuf princes d'Ambre (Nine Princes in Amber)
  • Le Cycle des Princes d'Ambre #1 (The Chronicles of Amber #1)
  • Roger Zelany
  • Folio SF (septembre 2000)
  • 251 pages
  • 7.10 € (poche)
  • Fiche
  • Commander sur Amazon
Autres Couvertures :

vendredi 18 novembre 2016

Du domaine des Murmures - Carole Martinez


Quatrième de Couverture :
En 1187, le jour de son mariage, devant la noce scandalisée, la jeune Esclarmonde refuse de dire «oui» : elle veut faire respecter son vœu de s'offrir à Dieu, contre la décision de son père, le châtelain régnant sur le domaine des Murmures. La jeune femme est emmurée dans une cellule attenante à la chapelle du château, avec pour seule ouverture sur le monde une fenestrelle pourvue de barreaux. Mais elle ne se doute pas de ce qui est entré avec elle dans sa tombe... Loin de gagner la solitude à laquelle elle aspirait, Esclarmonde se retrouve au carrefour des vivants et des morts. Depuis son réduit, elle soufflera sa volonté sur le fief de son père et ce souffle l'entraînera jusqu'en Terre sainte. 
Carole Martinez donne ici libre cours à la puissance poétique de son imagination et nous fait vivre une expérience à la fois mystique et charnelle, à la lisière du songe. Elle nous emporte dans son univers si singulier, rêveur et cruel, plein d'une sensualité prenante.
Note :
♣♣♣
Avis :
Je n'avais pas lu de livre ayant cette atmosphère ou se déroulant à cette époque depuis des années ! Du coup, il était assez plaisant de me retrouver plongée une nouvelle fois dedans.

Le roman est assez court et va suivre, pourtant, une assez longue période de temps.
Nous suivons l'histoire d'une partie de la vie d'Esclarmonde. La jeune femme est noble et aimée de son père. Pourtant, il finit par lui forcer un peu la main pour qu'elle épouse le fils d'un noble voisin. Mais la jeune femme a décidé qu'elle ne se marierai pas contre son gré. Par conséquent, le jour des noces, elle annonce à l'assemblée qu'elle refuse le mariage et choisira plutôt Dieu.
Elle demande à être emmurée vivante, à être une de ces femmes touchée par Dieu qui constitue une sorte de réseau. Les pèlerins et ces jeunes femmes forment une chaîne, tandis que les habitants des environs peuvent venir lui parler et demander conseil.

Tout le monde viendra la voir, lui parler et demander son avis. Elle se retrouvera plus demandée qu'elle ne l'escomptait. Mais la vie lui réserve encore bien des surprises et malgré tout ses efforts et ses amis, à l'extérieur de sa prison, elle devra encore se plier aux règles des hommes.

L'ambiance est assez poétique en effet. L'auteur réussit à nous conter des faits parfois grave sans jamais heurter le lecteur ou sombrer dans le pathos.
Ce qui est en dehors des sentiments de la jeune femme est peu exploité. Au contraire, c'est survolé. L'auteur cherchant plus à exploiter la "grâce" de la jeune femme, son dévouement et son quotidien (comme nous décrire son repas) plutôt que de nous parler de "hauts faits" comme la croisade qui est évoquée dans le livre.

Un roman assez particulier du coup qui ne plaira pas à tout le monde, mais qui reste assez plaisant. J'ai aussi aimé le fait que l'auteur réussisse à parler de religion et de foi sans sombrer dans la tentative de conversion.
De plus, ce livre est adapté à une grande variété de lecteurs, permettant à des lycéens de le lire (le roman ayant même obtenu un prix de ce public).

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samedi 27 août 2016

La Passe-Miroir T.1 : Les Fiancés de l'Hiver - Christelle Dabos


Quatrième de Couverture :
Sous son écharpe élimée et ses lunettes de myope, Ophélie cache des dons singuliers : elle peut lire le passé des objets et traverser les miroirs. Elle vit paisiblement sur l'Arche d'Anima quand on la fiance à Thorn, du puissant clan des Dragons. La jeune fille doit quitter sa famille et le suivre à la Citacielle, capitale flottante du Pôle. À quelle fin a-t-elle été choisie ? Pourquoi doit-elle dissimuler sa véritable identité ? Sans le savoir, Ophélie devient le jouet d'un complot mortel.
Note :
♣♣♣♣
Avis :
Ce livre a eu un raz-de-marée d'avis positif, j'étais donc curieuse de le lire - sans avoir la moindre idée de son contenu. Je dois dire que cette manière d'aborder l'ouvrage a certes eu l'avantage de me plonger dans un monde onirique, mais m'a un peu perdue sur l'intrigue de fond.

La monde a été divisé, et des familles vivent éloignées les unes des autres sur leurs terres respectives. On vit, né, se marie et complote au coeur de ses terres, mais exceptionnellement, il arrive que des mariages entre Arches aient lieux.
Ophélie est une jeune fille tout ce qu'il y a de plus banale : pas particulièrement séduisante, très maladroite, n'ayant aucun sens de la mode ou des convenances, elle ne vit que pour son musée. Son don, lire le passé des objets, l'aide beaucoup dans son travail, mais ne l'aide pas vraiment à se sociabiliser. Pourtant, elle a un jour la surprise d'apprendre qu'elle a été "vendue" à une autre Arche.
Lorsqu'elle rencontre enfin son fiancé, Thorn, Ophélie panique : un homme froid, dédaigneux et qui ne semble pas vouloir accorder un regard à la fiancée qu'il est venu chercher.

Mais alors qu'Ophélie abandonne tout ce qu'elle connait, elle se retrouve à nouveau isolée : on lui fait comprendre que l'Arche de son fiancé est un lieu de perpétuelles intrigues et trahison. D'aucun serait ravi de la tuer, la mutiler ou plus simplement lui voler sa virginité (mais attention, pas la violer, Monsieur a ses principes). Pour son bien, elle est tenue à l'écart du monde, chez la tante de son fiancé. Mais rapidement, celle-ci révèle son vrai visage : une femme orgueilleuse, nombriliste et qui semble tirer plaisir des tortures qu'elle inflige à Ophélie.
Mais rapidement, les choses vont évoluer et Ophélie va se retrouver mêler à la Cour et à ses intrigues. Elle découvrira alors qu'elle n'est qu'un jouet et qu'un complot qui la dépasse se joue autour d'elle.

L'univers décrit par l'auteur est bluffant. Les descriptions réussissent à nous plonger dans ce monde sans efforts. J'ai pensé d'ailleurs un peu à Miazaki dans les descriptions des univers dans lesquels évolue la jeune Ophélie. Plusieurs mondes se mêlent dans une même ville et il est étourdissant de les parcourir sur les traces de la jeune fille. L'immersion est totale et on se laisse totalement porté par le charme.

Les personnages en revanche, sont un peu plus décevants. Ils sont variés - tant dans leurs pouvoirs que dans leurs caractères ou leurs positions - et relativement complexes, pourtant je ne peux pas m'empêcher d'être un peu déçue. Ils sont tous égoïstes, cyniques, méchants, calculateurs et sans aucun égard pour les autres. La pauvre Ophélie elle-même n'est pas la mieux placée : de part son caractère de petite souris discrète, elle est totalement effacée, quasiment incapable de faire quoi que ce soit - ou de le pouvoir d'ailleurs. Elle est constamment en retrait et jouet des événements ou de ses hôtes. Il faudra attendre la fin de ce premier tome pour la voir se secouer un peu.
Les autres sont tous abominables : son fiancé, égoïste et dédaigneux ne fait rien pour l'aider. Au final cela le desservira, mais on attendait un peu plus de lui qui "choisit" la jeune Anima. Pourtant, il y a un sursaut au milieu du roman, on le croit humain - ce qui ne rend la désillusion que plus cruelle. La tante de son fiancé est pire encore : elle torture la jeune femme et ses serviteurs sans que personne ne trouve rien à redire. Au final, le seul allié d'Ophélie est sa marraine. Pour le pire et pour le meilleur, elles devront apprendre à s'apprécier et à se serrer les coudes.

Au final c'est un très bon roman que Les Fiancés de l'Hiver, le charme vénéneux des personnages et des lieux contrebalance le caractère atroce de la plupart des protagonistes. Je ne dirai pas que c'est un coup de cœur, mais une très belle découverte c'est sûr !

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samedi 30 juillet 2016

Americanah - Chimamanda Ngozi Adichie


Quatrième de Couverture :
«En descendant de l’avion à Lagos, j’ai eu l’impression d’avoir cessé d’être noire.»

Ifemelu quitte le Nigeria pour aller faire ses études à Philadelphie. Jeune et inexpérimentée, elle laisse derrière elle son grand amour, Obinze, éternel admirateur de l’Amérique qui compte bien la rejoindre. Mais comment rester soi lorsqu’on change de continent, lorsque soudainement la couleur de votre peau prend un sens et une importance que vous ne lui aviez jamais donnés?

De son ton irrévérencieux, Chimamanda Ngozi Adichie fait valser le politiquement correct et les clichés sur la race ou le statut d’immigrant, et parcourt trois continents d’un pas vif et puissant.
Note :
♣♣♣♣
Avis :
Un roman dont j'ai entendu du bien, un roman qui m'intriguait et que j'ai eu l'opportunité de lire. C'est un roman vraiment différent de ce que j'ai l'habitude de lire.
Ifemelu est nigériane. Elle a réussit à s'installer aux Etats-Unis et vient de prendre la décision de retourner dans son pays.
Elle va alors nous raconter son histoire, entrecoupée de moment de son présent - alors qu'elle vient de prendre la décision de repartir - son enfance, ses études, sa famille. Quelle que soit la période, elle garde toujours un regard lucide sur ce qui l'entoure et honnête, tant sur elle que sur son entourage.
Elle nous livre des extraits de son blog, un blog d'une "noir non américaine aux Etats-Unis".
Avec cette honnêteté elle nous raconte ce qu'elle a découvert, le choc des cultures. Ses désillusions aussi.

De moins point de vue de blanche européenne, j'ai découvert des faits que je n'aurai pas imaginé. Non que je m'en fiche mais simplement que je n'y pense pas vraiment. La difficulté qu'elle a à s'intégrer, à trouver sa place et même simplement un travail. Trop qualifiée, pas assez, elle réussira finalement à avoir de la chance et à réussir à avancer, à progresser. Elle sera alors un témoin privilégié de ce que c'est d'être noir, américain ou non, dans ce pays. Elle nous livre ses réflexions avec une honnêteté brute, parfois caustique. Sur elle-même également, elle sera prête à admettre qu'elle a changé, pas toujours en bien. Ce qui présidera à sa décision de repartir.

Elle nous parle de sa famille, mais aussi d'Obinze. Son premier amour. Il prendra alors la parole. Il nous racontera sa vie, offrant un contre-point intéressant. Lui n'a pas été aux USA, il n'a pas pu alors qu'il était amoureux de ce pays. Mais il nous emmènera en Angleterre avant de retourner au pays, avant Ifemelu, préparant le terrain en quelque sorte.

Deux expériences, assez différente, de deux personnages qui, déjà de part leur sexe, vont affronter des événements différents. Ils nous présenteront la vie d'immigrés, leurs joies et leurs peines, leurs petits arrangements avec la loi aussi, mais surtout le regard qu'ils portent sur les natifs et les regards que l'on porte sur eux.
Le lecteur réalisera alors, sans moralisation ni accusation, les préjugés que l'on peut avoir, parfois malgré nous, et les difficultés que des gens honnêtes - bien qu'immigrants illégaux - affrontent.

Le découpage du roman est particulier car on passe d'une période à l'autre sans prévenir ni réelle logique parfois. Mais on suit assez aisément, c'est déstabilisant au début mais on finit par prendre le plu et ne même plus le remarquer.
La fin en revanche est un peu plus décevante. De son retour à Lagos, Ifemelu va se retrouver confronter à son nouveau statut : plus tout à fait une enfant du pays, mais pas totalement non plus une étrangère. Elle aura un regard différent sur son pays et ce qui, à l'époque, lui semblait normal. Mais cette période est assez courte et bien moins détaillée que son passage aux USA. Puis de sa rencontre avec Obinze, tout s'enchaîne et le livre termine un peu abruptement à mon goût. J'aurai aimé en savoir un peu plus sur la vie d'Ifemelu après la décision prise.

C'est un roman dense, mais vraiment intéressant. On découvre un pays qu'on ne connait finalement pas, et des situations qu'on ignore sans que jamais l'auteur ne nous fasse la morale.
Bref, si vous avez le courage de vous plonger dans ce texte, je vous conseille de lire ce roman vraiment original et que je qualifierai presque d'incontournable.

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jeudi 28 juillet 2016

La Horde du Contrevent - Alain Damasio


Quatrième de Couverture :
Imaginez une Terre poncée, avec en son centre une bande de cinq mille kilomètres de large et sur ses franges un miroir de glace à peine rayable, inhabité. Imaginez qu’un vent féroce en rince la surface. Que les villages qui s’y sont accrochés, avec leurs maisons en goutte d’eau, les chars à voile qui la strient, les airpailleurs debout en plein flot, tous résistent. Imaginez qu’en Extrême-Aval ait été formé un bloc d’élite d’une vingtaine d’enfants aptes à remonter au cran, rafale en gueule, leur vie durant, le vent jusqu’à sa source, à ce jour jamais atteinte : l’Extrême-Amont.
Mon nom est Sov Strochnis, scribe. Mon nom est Caracole le troubadour et Oroshi Melicerte, aéromaître. Je m’appelle aussi Golgoth, traceur de la Horde, Arval l’éclaireur et parfois même Larco lorsque je braconne l’azur à la cage volante. Ensemble, nous formons la Horde du Contrevent. Il en a existé trente-trois en huit siècles, toutes infructueuses. Je vous parle au nom de la trente-quatrième : sans doute l’ultime.
Note :
♣♣♣♣
Avis :
Voici un roman dont j'ai beaucoup de mal à parler. Il est assez inclassable, mais j'ai respecté la classification de Folio : SF (même si je l'aurai plus casé en fantastique qu'en SF, m'enfin).
Ce roman est un livre-univers : il contient vraiment un monde à lui tout seul, et nous happe à l'intérieur dès les premiers mots. L'auteur a fait un travail impressionnant pour nous immerger à l'intérieur et cela passe par les description, mais également par le style du roman.

En effet, nous avons ici une histoire à plusieurs voix. La 34e Horde est composée de plusieurs membres qui, tous à leur manière, sont indispensables. Ils peuvent tous prendre la parole, à n'importe quel moment du récit, sans forcément attendre un chapitre. Plutôt que de mettre le nom du narrateur en début de paragraphe, l'auteur a choisit d'utiliser un symbole qui renvoie à chaque membre de la Horde. Pour que tout le monde s'y retrouve, le livre est fourni avec un marque-page qui recense ces symboles. Cela a l'avantage de nous permettre de déterminer qui parle, mais également de nous rappeler la composition de la Horde et le rôle de chacun. Malin !
Au début, on fait de fréquent aller-retour puis petit à petit, on finit par déterminer qui parle : par son symbole, mais également par sa façon de parler.

Le monde est battu par les vents, des vents souvent violents, meurtriers. Le mythe veut qu'au bout du monde, on trouve la réponse. Chacun se fait une idée de cette fin du monde, mais personne n'a de réponse. Chaque Horde est formée pour avancer, toujours plus loin que la précédente, mais aucune n'a réussit sa mission. Golgoth, traceur de la Horde, est déterminée à être celui qui réussira.

Au début, l'auteur nous présente des situations "classiques" de la Horde pour nous présenter ce monde si rude, et comment les personnages y font face. Cela nous permet également de nous familiariser avec les différents caractères.
Petit à petit, au fil de l'avancée de la Horde, on apprend à tous les connaître. Le traceur, le combattant, le prince, la maîtresse du feu etc. Leurs différentes voix donne une dimension inédite au récit. Lorsqu'ils prennent la parole, ils relatent ce qu'il se passe, mais à travers leur vision, leur (dés)espoir, leurs rêves et leurs croyances.

Ne cherchez pas de grandes actions, de grandes batailles héroïques (ou non), vous n'aurez que le quotidien de ce groupe qui vit à la dure et qui avance malgré tout. C'est plus un univers qu'autre chose. Certes il y a la quête, mais elle paraît tellement secondaire. Même les personnages ne sont pas "importants" ils ne sont que l'instrument de l'avancée.

C'est une quête, un groupe, une Horde, qui avance contre tout, à l'encontre de tout et même de leur survie. Un espoir ou un aveuglement, une soif de savoir et une rage de vaincre.

Par moment toutefois les inventions de l'auteur, ses concepts - le vif, le vent - sont particulièrement difficiles à suivre. Entre mythe et réalité, il est parfois difficile de suivre et d'appréhender entièrement la volonté de l'auteur. Pourtant on avance, on finit par avoir une compréhension plus instinctive.

La fin toutefois est un peu plus prévisible et abrupte. Elle aurait mérité - à mon goût - un petit épilogue ou un petit mot de l'auteur.



Une chose est sûre, vous ne verrez plus le vent du même œil !


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